Nostalgie, nostalgie…

Zine El Abidine Ben Ali Président de la république tunisienneTribune par Imed / Enseignant

Chaque jour, le contingent des nostalgiques de l’époque de Ben Ali se renforce par les désabusés de la période post-révolutionnaire. Il n’y a qu’à voir les commentaires des articles publiés par les sites d’information et autres blogs.

Dès qu’il s’agit du président déchu ou de quelque chose qui a un lien avec son ère ou son entourage familial, on a droit à un commentaire quasi-élogieux de l’ex-dictateur. On a même vu cela dans des portails réputés pour leur allégeance au courant islamiste.

Le phénomène fait bien évidemment suite à un état d’esprit qui se propage de plus en plus même dans des milieux connus pour leur opposition farouche à Ben Ali, à sa famille et à sa belle famille.

Le problème, c’est que ce regain contre-nature de sympathie pour Zaba a une large audience auprès des masses. Le peuple s’exprime. Il exprime son dépit, sa désillusion voire son dégoût de la chose politique. Le peuple n’a plus confiance, presque plus d’espoir et ne veut cautionner personne.

On sent alors la grogne monter. Et la grogne s’exprime en termes passéistes, très crus. Au marché, dans un bus, dans un métro ou tout simplement dans la rue, la colère prend les proportions d’un hommage que l’on rend à l’homme que l’on a chassé à coups de « dégage », il y a cinq ans.

Le Tunisien est-il aussi versatile que cela ou est-ce qu’il ne peut être « conduit » qu’à la baguette, comme le soutiennent certains ? Nos concitoyens ont-ils fini par prendre le pli au bout de 58 ans de pouvoir absolu partagé entre Bourguiba et Ben Ali et vénérer ceux qui les bâillonnent ou leur tapent dessus ?

Au-delà de ce retour de manivelle assez rapide, il faut l’avouer, la réalité qui s’impose à tous, mais que d’aucuns parmi les politiques continuent à occulter pour ne pas donner raison aux nostalgiques de Ben Ali, c’est l’attachement du Tunisien à une notion de l’Etat, de la stabilité et de la sécurité qu’il n’exprime, malheureusement, que par le biais de comparaisons entre ce qui était et ce que c’est devenu.

C’est pour cela que Ben Ali devient l’incarnation de la rigueur, de l’ordre et du respect des institutions. Et partant de là, tous les travers et les abus du régime du déchu deviennent des points de détails devant sa stature de « garant » de la sécurité et de la pérennité de l’Etat.

Si la nostalgie pour L’ère de Ben Ali amuse ceux qui veulent se payer la tête des différents politiques entre opposants et gouvernants, elle n’en demeure pas moins un phénomène dangereux qui ajoute de l’eau au moulin des forces obscures qui chercheraient à rétablir la dictature.

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