Un blogueur mauritanien va mourir dans l’indifférence générale

nouakchott_tribunalIl est étrange qu’entre histoires similaires, certaines soient médiatisées et d’autres restent totalement invisibles au regard de l’opinion publique. Mohamed Ould Cheikh M’Kheitir fait partie de ces invisibles dont personne ne prend la défense, pour qui personne n’est « Charlie » et pour qui personne n’organise de comité de défense.

Pourtant le seul crime de ce blogueur mauritanien de 30 ans est d’avoir publié sur son blog « Religions et Religiosité », article qui parlait de la différence que le prophète Mohamed faisait entre les juifs et les arabes lorsqu’il s’agissait de traiter les violations de la loi. Selon Mohamed Cheikh, le prophète était nettement plus indulgent avec son peuple.

Ce qu’il voulait avec cet article, c’est faire le parallèle avec la façon dont en Mauritanie on traitait son peuple parce qu’ils avaient été esclaves et démontrer que la religion joue un grand rôle dans la hiérarchisation des classes et la discrimination entre les diverses ethnies.

 

L’article a été considéré comme un blasphème et Mohamed Cheikh a été arrêté. En décembre 2014 il a été condamné à mort et depuis il est dans le couloir de la mort attendant l’exécution de la sentence. Son avocat dénonce des conditions de détention inhumaine ainsi que des actes de torture.

Mohamed Cheikh a été jugé selon l’article 306 du code pénal mauritanien:

« Tout Musulman coupable du crime d’apostasie, soit par parole, soit par action de façon apparente ou évidente, sera invité à se repentir dans un délai de trois jours. S’il ne se repent pas dans ce délai, il est condamné à mort en tant qu’apostat, et ses biens seront confisqués au profit du Trésor. S’il se repent avant l’exécution de cette sentence, le parquet saisira la Cour suprême, à l’effet de sa réhabilitation dans tous ses droits, sans préjudice d’une peine correctionnelle prévue au 1er paragraphe du présent article ».

Lors de son jugement, Mohamed Cheikh a pourtant bien fait des excuses à la cour pour son texte, expliquant que lui même était musulman et faisant la profession de foi (chahada). Cela n’a pas fait changer le juge d’avis et la sentence de mort a été quand même prononcée, en dépit de l’article de loi.

Source: The independent

 

 

 

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