Dans une déclaration au New York Times, Hamadi Jebali affirme que le sud tunisien est favorable à Daech

Hamadi jebali
L’ex-Premier ministre tunisien Hamadi Jebali

Dans son édition du dimanche 9 août 2015, le New York Times consacre un grand reportage à la Tunisie. Envisageant le changement de tactique des jihadistes, cet article signé par Carlotta Gall suit l’évolution de la lutte contre le terrorisme jihadiste et analyse les interactions avec la scène libyenne.

Plusieurs personnalités tunisiennes sont citées dans cet article, à l’image du ministre Yassine Brahim, de l’analyste politique Ridha Tlili et de l’ancien premier ministre Hamadi Jebali que la journaliste du New York Times a rencontré à son domicile à Sousse.

« Une bombe à retardement »

Hamadi Jebali considère que « les conditions politiques et économiques du pays, l’absence de développement dans les régions les plus démunies – spécialement le sud qui se trouve à la frontière libyenne – et les limites mises par le gouvernement à la démocratie ouvrent la voie à des groupes extrémistes comme Daech ».

L’ancien premier ministre poursuit : « Attention, car le sud tunisien est totalement prêt, favorable à cela. Ils ouvriront les portes à la Libye. Attention, c’est une bombe à retardement ».

Propos alarmistes ou analyse prospective? Paroles de politicien ou bien synthèse de la situation?  Hamadi Jebali ajoute : « Malheureusement, quand ils viendront ici, ils trouveront un gisement favorable ».

Il est vrai que les gouvernorats du sud ont connu de Médenine à Kebili en passant par Tataouine des périodes d’agitation politique et sociale qui, d’ailleurs, ont été consécutives au second tour de l’élection présidentielle et à la campagne du candidat malheureux Moncef Marzouki.

Instrumentalisation et récupération politiciennes

Depuis, le sud a réguliérement été instrumentalisé, avec une récupèration politicienne des interactions avec la situation qui prévaut en Libye. Ces approches démagogiques qui en général jouent avec le feu de la sédition trouvent en effet un terrain favorable dans un contexte marqué par la reprise en main par l’autorité centrale des stratégies de développement dans toute la région.

Faut-il conclure que certains partis politiques cherchent à jouer une nouvelle carte dans le sud, vivier de voix d’Ennahdha, quitte à provoquer des remous ? À l’heure où la lutte contre le terrorisme jihadiste a pris les proportions d’une cause nationale, est-il innocent de continuer à induire que le sud pourrait basculer et devenir un sanctuaire pour les ennemis de la Tunisie?

Beaucoup de questions restent posées alors que Hamadi Jebali, tenaillé par l’affaire Baghdadi Mahmoudi, cherche à reconquérir le terrain perdu et retrouver une visibilité dans un paysage politique aussi mouvant que délétère.

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