Le système éducatif tunisien a créé les « Dawaech » selon Mourou : Une institutrice lui répond

Élèves à l'école  pratiquant le théâtre et la musique
Élèves à l’école pratiquant des activités culturelles
TRIBUNE | Par Boutheina S. / Maîtresse d’application

« J’ai conclu, après mon entretien avec le ministre de l’Education, Néji Jelloul, que c’est bien le système éducatif qui a créé les « Dawaech » » a déclaré Abdelfattah Mourou dans un entretien sur la chaîne Al Jazeera.

Cheikh Mourou s’est indigné des procédés du système : « Il ne lit pas la poésie, n’écoute pas la musique, ne fait pas du théâtre, comment voulez-vous qu’il soit capable de comprendre la réalité ? », « Cette personne va être amputée de sa constitution, disloquée de sa réalité, il a un diplôme quand il réussit pour devenir un appareil de la société et non un humain » a-t-il ajouté.

L’école enseigne la poésie

Permettez-moi, Monsieur Mourou de vous dire que vous êtes mal informé sur l’affaire. Je vous avise, ainsi que le ministre de l’Education, que l’activité de poésie intervient au début de chaque séance.

Les poèmes et les chants visent essentiellement à créer un climat de détente et à développer la capacité d’écoute des élèves. Ces derniers détiennent même un cahier de chants et poésies.

J’informe, en outre, messieurs qu’à l’école, on a introduit -à votre insu- une nouvelle activité : « la création poétique » qui a pour but d’éveiller le sens poétique chez les jeunes.

[pull_quote_center]« Vous avez porté un jugement hâtif, en fait, le système ne manque pas de sensibilité. »[/pull_quote_center]

L’école enseigne l’art dramatique

Quant à l’art dramatique, j’invite nos chers leaders à accéder à Edunet (portail éducatif tunisien) pour s’assurer que le théâtre scolaire est très évolué, que chaque année, on lance le concours de la meilleure pièce de théâtre et que des dizaines d’établissements scolaires entrent en compétition avec un esprit d’échange, dans un climat de confiance. Jugez de vous mêmes messieurs que le système n’est pas si insensible.

Le système éducatif ne sépare pas de la réalité

Apprenez aussi que l’élève n’est pas démis ni disloqué de sa réalité car les situations d’apprentissage lui donnent l’occasion d’exprimer ses sentiments, ses points de vue et de faire part de son expérience personnelle, notamment de sa réalité.

[pull_quote_center]« L’élève comprend sa réalité et connait malheureusement ses limites. C’est l’école qui l’aide à se surpasser en lui permettant de rêver dans un pays où le rêve n’est pas permis. »[/pull_quote_center]

Il n’est, en aucun cas, amputé de sa constitution ni de la constitution de sa société, loin de là, le fait que l’école apprenne à l’élève, dès sa première année, à chanter l’hymne national prouve qu’elle lui enseigne l’amour de sa patrie, sa citoyenneté et son intégrité.

Le système éducatif n’est pas aride

Le système éducatif n’est pas « sec » mais déshydraté, il fallait « l’arroser ». Débourser pour promouvoir l’éducation ne mettra pas en péril la caisse nationale.

[pull_quote_center]« Détrompez-vous chers messieurs, ce n’est guère le système éducatif qui a créé les « Dawaech », c’est la négligence, c’est l’indifférence, c’est la précarité, c’est l’injustice sociale, c’est l’arrogance de la société « bling-bling » qui ont créé les « Dawaech ». »[/pull_quote_center]

A Tunis, 80% de la population se dépensent pour que les 20% restants tirent profit. Corrigez les abus, révisez vos réformes et les « Dawaech » seront refoulés.

Au plaisir !

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