Trois jours de deuil en Tunisie pour le défunt roi de l’Arabie Saoudite où se planque le dictateur Ben Ali

TRIBUNE | Nadia CHAABANE, ex-députée à l’ANC.

Nadia Chaabane

[dropcap]D[/dropcap]écréter dans notre pays trois jours de deuil national suite au décès du roi Abdallah d’Arabie Saoudite est pour le moins étonnant voire incompréhensible même si le pays est considéré « comme ami » et deux raisons au moins s’y opposent naturellement et objectivement.

Le refus d’extradition de Ben Ali qui profite bien de sa planque en Arabie saoudite et échappe ainsi à rendre des comptes aux tunisiens et la justice tunisienne.
Les financements qui affluent de ce pays sur des associations qui ne cessent de propager le Wahhabisme en parfaite opposition avec la culture tunisienne et l’esprit réformateur de notre pays. Ces financements participent à la division de notre société
D’autres raisons plus subjectives me laissent perplexe: on ne défend pas les mêmes valeurs
Moi je ne suis pas triste, et je pense que les tunisiens ne sont pas si touchés que çà par ce décès car il est naturel et n’a rien d’extraordinaire.


Si ce décès me laisse indifférente, les femmes saoudiennes qui se battent pour leur droit, les jeunes saoudiens qui veulent plus de liberté, le jeune Raif Badawi qui croupit en prison parce qu’il a osé dire non et qu’on tente d’humilier à coup de fouet tous les vendredis sur la place publique, me touchent et me rappellent un devoir de solidarité entre les peuples mais point de solidarité avec les tortionnaires.

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