Hamadi Jebali conseille le prochain chef du gouvernement

Hamadi Jebali
[dropcap]D[/dropcap]ans une interview accordée, ce samedi soir 27 décembre, à la chaine Zitouna TV, l’ex-chef du gouvernement Hamadi Jebali a présenté sa lecture de la scène politique depuis la révolution  et notamment après les résultats des élections présidentielles.
« La scène politique est déséquilibrée »

D’après Hamadi Jebali, les quatre choses sur lesquelles repose un régime sont les hommes d’affaires, les sécuritaires, les magistrats et les médias.

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Il y a la lutte civilisée, pacifique, qu’on observe dans les pays démocratiques, où il y a des élections et la concurrence, chose qu’on veut, et il y a la lutte violente…

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Il a estimé que les résultats des élections présidentielles, avec la victoire de Béji Caid Essebsi face au président sortant Moncef Marzouki, « auraient pu être mieux si Ennahdha avait une autre stratégie électorale pour équilibrer la scène politique ». Selon lui, le parti islamiste a « laissé échapper une occasion » concurrentielle.

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« Aujourd’hui, la scène est déséquilibrée, ce qui n’est pas de l’intérêt de l’expérience de la démocratie… Il faut un équilibre entre le gouvernement et l’opposition. »

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M. Jebali a insisté, à plusieurs reprises, sur le fait « qu’il ne faut pas qu’Ennahdha prédomine la scène politique » et « qu’il ne fallait pas laisser la domination de cette scène pour un autre parti non plus ».

Démissionnaire d’Ennahdha à dix jours des élections, après quarante ans d’appartenance, il a affirmé qu’il ne voulait pas être le candidat du parti mais qu’il oeuvrera à protéger les libertés.

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Pour équilibrer la scène, s’il est nécessaire que je constitue un parti, je le ferai. Une deuxième forme d’équilibre , car cette phase est celle de la constitution… J’ai peur pour les libertés aujourd’hui car il n’y a pas d’équilibre sur la scène politique.

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L’attaque contre Sihem Ben Sedrine et l’Instance Vérité et Dignité est un des premiers signes de ce déséquilibre, selon lui.

Même étant démissionnaire, M. Jebali a affirmé qu’il appartient, encore, au projet d’Ennahdha, « celui de la démocratie, des libertés et du développement ». Ce sont « ses divergences par rapport aux choix du parti » qui l’ont poussé à la démission, a-t-il assuré.

Hamadi Jebali conseille le prochain chef du gouvernement

M. Jebali a conseillé le prochain chef du gouvernement, qui sera choisi par Nidaa Tounes, vainqueur lors des législatives du 26 octobre, à être prudent lors du choix de la composition du gouvernement.

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Le chef du gouvernement ne doit surtout pas avoir un double avis pour pouvoir assumer ses responsabilités. Que le parti auquel appartient le ministre envoie son programme et ensuite, c’est au gouvernement d’assumer ses responsabilités. Il ne faut pas qu’il y ait partage du pouvoir, le chef du gouvernement doit exercer les prérogatives que lui donne la constitution.

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Assassin de Chokri Belaïd : « J’espère que son nom apparaitra ! »

L’ex-chef du gouvernement, qui a démissionné le 19 février du gouvernement suite à l’assassinat de Belaid le 6 février 2013, a déclaré sur la chaîne Zitouna TV que « celui qui a tué Chokri Belaïd voulait arrêter l’expérience démocratique. »

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… Ils étaient tous dans un seul front pour faire tomber le gouvernement.  Laissons ça à l’histoire ; cette histoire va être léguée à ceux qui vont gouverner. Ils accusaient Ennahdha ; maintenant tout les dossiers sont là pour voir qui a tué Belaïd. Et j’espère que son nom apparaitra. Ils nous ont accusés d’avoir tué Chokri Belaid. Il y avait un choix pour faire tomber le gouvernement et moi j’ai arrêté ça. Appel à la vengeance, les manifestations, … Ou on laisse le pays et toute l’expérience est avortée ou on choisit d’arrêter cet horrible feuilleton pour passer à un gouvernement de compétences nationales.

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Pour Jebali, il a donc fallu « arrêter ce feuilleton » car, selon lui, « le meilleur des choix pour l’intérêt du pays était de finaliser la constitution, arrêter les divisions idéologiques » et  « aller vers élections, avec un gouvernement le plus neutre possible ».

Il a aussi déclaré qu’il « vaut mieux se tromper sur le chemin de la démocratie que de suivre le chemin de la dictature ».

 Vos biens ?

Le journaliste a posé la question au sujet des biens de M. Jebali. Après une longue introduction où ce dernier a traité ce genre de questions de « choses basses », il a affirmé qu’il n’a que la maison de son père où il vit actuellement et un quart d’immeuble hérité par son épouse.

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