Objectif d’Ennahdha pour les élections : Contrôler le pouvoir législatif à l’Assemblée du peuple

Tetes de listes Ennahdha (credit photo page FB Ennahdha)
Tetes de listes Ennahdha (credit photo page FB Ennahdha)

En janvier 2014, un document a été dévoilé par le député Mahmoud Baroudi,  du parti de l’Alliance démocratique, sous le nom “le guide de la campagne électorale” d’Ennahdha. Néanmoins, au mois de juillet, lors d’une émission télévisée, Rached Ghannouchi a déclaré que le document n’était pas officiel et qu’il n’était même pas informé de son existence. 

Aujourd’hui, à un mois des élections législatives, le parti islamiste Ennahdha  se focalise sur la nouvelle Assemblée du peuple qui remplacera l’Assemblée nationale constituante (ANC). Ce mardi 23 septembre, à 39 jours des élections, son programme électoral pour les législatives sera révélé après une conférence de presse. « Aucun candidat pour la présidentielle ne sera de l’intérieur du parti », a déclaré le nouveau porte-parole du parti Zied Ladhari le 7 septembre dernier.

En réalité, un membre d’Ennahdha, l’homme d’affaires Mohamed Frikha, fera l’exception et sera même doublement candidat, notamment pour la présidentielle. En effet, la loi électorale ne l’interdit point

Le leak d’Ennahdha pour les législatives

Le document-leak, de quatorze pages, indiquait déjà la stratégie d’ Ennahdha, préparée depuis le mois de décembre 2013, pour gagner ces élections législatives et ce sur quatre volets :

  1. L’étendue du  programme électoral
  2. Comment réussir sa tâche pour gagner les élections législatives
  3. Délai d’échéance des élections
  4. Stratégie d’exécution : préparation point par point

D’emblée, le verset 81 de la sourate Al Issraa, rappelle « la victoire de la vérité sur le mensonge ». Le parti islamiste reste fidèle à ses référents coraniques pour appuyer sa stratégie électorale.

Objectif : Tenir le pouvoir législatif à l’Assemblée du peuple 

L’ »objectif central » est de  “remporter les prochaines élections avec une majorité confortable », « pas moins de 50%”, indique le bureau central des élections au sein du parti, « pour renforcer son leardership« , peut-on lire dans le document.

Cet objectif a pour moyens d’autres tâches à accomplir pour pouvoir l’atteindre, à savoir : la construction des structures électorales, la « mission administrative », la mobilisation et la communication avec la base électorale, la médiatisation, la préparation des « extraits », la formation, l’observation et le suivi de la scène politique, le suivi des régions, et les missions juridiques, financières ainsi que la « préparation matérielle ». 

Dans son plan, les niveaux régional et local semblent aussi importants que le niveau national pour Ennahdha. Des districts ont été créés avec des responsables permanents pour les gérer (pages 3 et 4).

Un nouvel organe a même été créé, appelé « l‘Instance supérieure de l’orientation« , qui travaille en parallèle avec le bureau central, pour conseiller et orienter les districts vers « les politiques générales », en relation avec des comités secondaires.

Plusieurs points mentionnent la formation des partisans, notamment au niveau du discours politique, du juridique, et des cours sur la gestion financière.

L’examen du programme du mouvement, et ce, en collaboration avec les équipes du gouvernement Laarayedh, à l’époque, pour sortir un livre qui recense les projets réalisés (page 7), constitue un point important afin de dépasser les accusations d’échec du parti.

Focalisation sur la communication médiatique et électorale

Bien entendu, le thème de l’identité musulmane et comment la mettre en exergue, reste pour Ennahdha un point essentiel de son programme (page 6), avec le livre des « réalisations » du parti sous les gouvernement Jebali et Laarayadh, ainsi que le travail des députés à l’ANC. La reconquête des Tunisiens, après la victoire du 23 octobre 2011, se fait par plusieurs moyens : le porte à porte à « 50 électeurs par jour », l’envoi des courriers, par le téléphone (en créant des plateformes), dans les endroits publics comme les cafés, les souks, par autocollants…

Une étude a même été mise en place pour cerner la cible, entre autres « le nombre d’électeurs dans la circonscription, le nombre d’électeurs qui voteront pour le parti, le nombre des adversaires politiques, le vote d’un électeur avec ou sans sa famille, le nombre de familles à contacter, … » (page 10).

Ennahdha, qui a été férocement attaquée par les médias, paraît déterminée plus que jamais à  conquérir les journalistes : “Travailler à influencer les médias et à les diriger vers une optique électorale”, avec comme moyen une « équipe  jeune et formée » pour être opérationnelle dans divers domaines, notamment dans les médias et la communication sur les réseaux sociaux.

 Nadia Déjoui

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