Football, vous avez dit ? – par Adel Lahmar

TRIBUNE – Savez-vous pourquoi j’aime la Coupe du Monde, alors que le football ne m’emballe plus depuis belle lurette ? Tout simplement, parce que cette compétition offre plus d’un avantage, même à ceux qui, comme moi, ne vivent pas sur la Planète Foot.

(credit photo - FIFA.com)
(crédit photo / FIFA.com)

Parmi ces avantages, citons dans le désordre : Filer du bureau à 16 heures pour, soi-disant, voir le match de 17 heures, venir tardivement au bureau le lendemain, avec pour excuse (même si ce n’est pas vrai) la longue «sahriya » passée devant la télé pour voir le match de 23 heures et les plateaux TV qui lui succèdent, profiter du décongestionnement de la circulation lorsque tout le monde, ou presque, est rivé à son poste télé, se débarrasser, pour quelque temps, des discussions politiques (qui enveniment de plus en plus notre vie), puisque tout le monde, ou presque, ne parle que de foot pendant tout un mois (entre nous, c’est bien fait pour les hommes et femmes politiques que personne, ou presque, ne regardera plus se chamailler sur les plateaux TV, ne fût-ce que pour un seul mois)…

Ah ! Si la Coupe du Monde pouvait durer plus longtemps !

Avez-vous jamais vu des milliards courir sous vos yeux ? Non ? Mais si ! Ou bien cela veut dire que vous ne vous intéressez nullement à la Coupe du Monde. Car au Brésil, les milliards ont des pieds et ils courent, ils courent sous les regards admiratifs (et rarement envieux) de milliers de spectateurs et de centaines de milliers de téléspectateurs.
Réciproquement, comme disent les mathématiciens, on peut dire aussi que les pieds ont des milliards et c’est peut-être plus exact.

Mais le résultat reste toujours le même : des joueurs qui coûtent une fortune et quelle fortune !
Quelques exemples ! L’équipe d’Espagne, la plus chère du monde actuellement, vaut 671 millions d’euros (1,47 milliard de dinars), soit une moyenne de 29 millions d’euros (65 millions de dinars) par joueur.
Elle est suivie par l’Allemagne, avec « seulement » 606 millions d’euros (1,35 milliard de dinars) et le Brésil qui totalise 504 millions d’euros (1,2 milliard de dinars) Oh ! Les pauvres !
A lui seul, ce trio c’est un milliard et 781 millions d’euros, (soit près de 4 milliards de dinars) Qui dit mieux ? (Source : le magazine américain Time, via le site : sportissimo.tn).

Qui va gagner au Brésil ? Vous n’êtes pas amateurs de pronostics ? OK ! Mais dites, comme ça, un nom au hasard ! Vous ne voulez pas ? Vous donnez votre langue au chat ?
«C’est la FIFA qui va gagner», répond à votre place Alice Oliveira, porte-parole de l’Association des travailleurs du sexe de la région du Ceara (Nord-est du Brésil). La FIFA ? Eh oui, «c’est la FIFA qui va gagner», assure la bonne dame et elle ajoute : «Ce sont les entrepreneurs du football qui vont gagner… et sûrement pas le peuple brésilien !»

«Et les petits métiers qui vont essaimer un peu partout à cette occasion, qu’en faites-vous, Mme Oliveira ? ». Réponse d’Alice : «D’accord, sauf qu’il y a une loi qui interdit ce genre d’activités à deux ou trois kilomètres à la ronde autour des stades». Idem pour les bars dont les propriétaires penseraient à installer des écrans télé sur leurs terrasses : ils doivent, selon Mme Oliveira, payer des droits à la FIFA ou ils risquent d’être pénalisés.

«Même les taxis, ajoute-t-elle, ne vont pas pouvoir rester à proximité des stades ; il leur faut des licences spéciales. Il y a tout un système qui est déjà prévu, et il faut payer !». Et Alice de conclure : «Qui va donc gagner avec tout cela ?». La réponse est connue : Madame c’est la FIFA.
Dernière question : et si l’équipe de Tunisie s’était qualifiée au Brésil ? Je vous laisse rêver. Bonne nuit !

Adel LAHMAR

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