Pétition – «Mehdi Jomaa, libérez tous les jeunes de la révolution tunisienne»

Une pétition demandant «la libération de tous les jeunes de la révolution tunisienne», lancée sur le net a récolté, jusqu’à maintenant, 2585 signatures sur les 10.000 à réunir. Avec en toile de fond l’affaire «Azyz Amami», cette pétition, sur Change.org, est accompagnée d’une lettre adressée aux 3 Présidents. Lettre dont nous a fait part Tarek Ben Hiba, président de la Fédération des Tunisiens pour une Citoyenneté des deux Rives (FTCR) et Conseiller Régionale Ile-de-France Font de Gauche.

Free Azyz

«Les gouvernements se sont succédés, et au gré des changements, chacun a cru qu’une autre Tunisie était possible. Face à ce rêve, une réalité, décevante, souvent choquante. Aujourd’hui, des jeunes sont arrêtés pour avoir eu l’audace de dire non au système et pour avoir attaqué des postes de polices en ces moments historiques où seule leur bravoure a permis de changer la face du monde. Ces premiers à avoir crié leur refus du système dans un pays gangrené par la corruption et la pauvreté se retrouvent aujourd’hui sur le banc des accusés pour crime de lèse-autorité.

Nos jeunes ont cru qu’ils vivaient une époque épique mais les décisions des gouvernements qui se sont succédés pour museler cette jeunesse n’ont jamais rien eu d’épique. Bien au contraire : tentatives d’intimidation et de pression pour mieux museler cette jeunesse encore indomptable parce qu’insatisfaite des politiques, insatisfaite des conditions de vie dans un pays à qui elle a tout donné et qui lui a tourné le dos, en toute ingratitude.

Azyz Amami a levé la voix pour dénoncer cette injustice. Il menait récemment une campagne intitulée « Moi aussi j’ai mis le feu dans un poste de police » pour la libération de cette jeunesse incriminée pour avoir tenu bon -pacifiquement- à renverser la dictature et à réclamer la liberté. Quand le monde entier nous regarde avec admiration, nous emprisonnons nos penseurs. Les gouvernements se succèdent, les réfractaires au système sont les mêmes, parce que les lois sont les mêmes.

Rien n’a changé. Azyz Amami a parlé et Azyz Amami été arrêté lundi 12 mai 2014 pour « détention de cannabis avec l’intention de le consommer » grâce à la fameuse loi 52 utilisée par les sbires de Ben Ali pour faire taire les voix dissonantes. Il devient urgent aujourd’hui de mettre fin aux méthodes répressives dont sont victimes les jeunes.

Nous appelons Mehdi Jomaa, Mustapha Ben Jaafar et Moncef Marzouki à prendre leurs responsabilités historiques en libérant ces jeunes incarcérés à tort et en révisant la loi 52 très peu en phase avec la nouvelle ère dans laquelle est entrée la Tunisie. N’oublions pas que s’ils sont là et que l’on construit une démocratie aujourd’hui, c’est grâce à eux, et si nous pouvons parler aujourd’hui c’est uniquement grâce à eux».

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