Le calvaire des prostituées tunisiennes continue

Chassées par les salafistes et la justice, les prostituées tunisiennes réclament leur droit au travail, comme chaque citoyen tunisien.

Prostitution tunisie (credit photo - Nawaat)

Une manifestation a eu lieu, ainsi, aujourd’hui, devant le siège de l’Assemblée nationale constituante (ANC), au Bardo, par des pensionnaires de la maison close de Sousse, fermée, sur décision de justice, depuis près de seize mois.

«Des salafistes sont venus, ils ont loué des repris de justice pour nous attaquer, a expliqué, au micro de Mosaïque FM, Kaouther, responsable de la maison close de Sousse. Après, ils ont recouru à la justice prétendant que les gens de la maison close perturbent les voisins. Ils ont gagné le procès et la justice a fermé, provisoirement, l’endroit, exigeant qu’on n’exerce plus ce métier dans ce lieu».

«Ce ne sont pas nos voisins qui ont signé les documents. Ce sont des gens éloignés et payés pour cela qui l’ont fait», soutient-elle. D’après Kaouther, les vrais voisins du lupanar ont signé un document dans lequel ils déclarent souhaiter que la maison close rouvre ses portes. «Les environs étaient dynamique car les commerces profitaient des activités de la maison close», a-t-elle assuré.

«Voilà seize mois que nous sommes au chômage, précise Kaouther. Du moment que cette activité n’est pas interdite et que les maisons closes de Tunis et de Sfax sont ouvertes, nous demandons que les autorités nous accordent l’autorisation de reprendre notre travail. La situation a évolué et toutes les institutions ont repris leur travail, nous souhaitons obtenir une autorisation pour reprendre notre travail, aussi».

Meherzia Laâbidi, vice-présidente de l’ANC, s’était dite prête à rencontrer les prostituées et celles-ci ont pu finalement faire parvenir leurs revendications. La représentante des prostituées s’est entretenue avec Meherzia Laâbidi lui indiquant que 120 femmes vivent dans une situation sociale difficile depuis la fermeture de la maison close de Sousse.

La première vice-présidente a indiqué qu’elle soumettra leurs revendications à la secrétaire d’Etat chargé des affaires de la femme et au ministère de l’Intérieur pour trouver une issue à leur situation dans les plus brefs délais.

Le calvaire des prostituées tunisiennes a commencé au lendemain de la révolution. Ainsi, en février 2011, des manifestants, majoritairement des salafistes avaient attaqué la maison close de l’impasse Sidi Abdallah Gueche, à la médina de Tunis, réclamant sa fermeture, ainsi que la fermeture de tous les autres lupanars de la Tunisie, tels ceux de Sousse, de Sfax, de Béja ou de Kairouan.

Cela dit la fermeture, par la violence ou sur décision de justice, des maisons closes ne peuvent être considérée comme la meilleure solution. Ces lupanars, sources de revenus de plusieurs familles, ont un autre rôle social à jouer. En organisant l’exercice de ce plus vieux métier du monde, on agit contre la prostitution illégale et ses néfastes répercussions, notamment sur la santé des clients et des prostituées. Ils participent, aussi, dans le défoulement d’une société, sexuellement, frustrée.

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