Abdelaziz Mzoughi affirme que les milices de Ben Ali ont pris le pouvoir à Nidaa Tounes, BCE le suspend !

mzoughiLe bureau exécutif de Nidaa Tounes a publié, aujourd’hui, un communiqué, signé par le président du parti, Béji Caïd Essebsi, dans lequel il annonce le gel de l’adhésion de l’avocat Abdelaziz Mzoughi, avant sa comparution prochaine devant la commission de discipline.

Mzoughi est ainsi sanctionné pour «indiscipline» et «atteinte à l’image du parti» suite à ses différentes sorties médiatiques dans lesquelles «il s’est attaqué au parti et à plusieurs de ses collègues», explique-t-on dans le communiqué.

Egalement membre du bureau exécutif de Nidaa Tounes, Abdelaziz Mzoughi avait, en effet, multiplié les déclarations dans lesquelles il avait dénoncé les dérives inquiétantes que connaît le parti. Il a, également, indiqué sur les ondes de la radio Cap FM que «les milices de l’ancien régime» avaient pris le pouvoir au sein du parti. Il a, aussi, critiqué la mainmise de Béji Caïd Essebsi sur le pouvoir décisionnel interne. Mzoughi a pointé, d’autre part, les «milices numériques qui (l)’insultent et encensent, en même temps Faouzi Elloumi».

Membre du bureau exécutif de Nidaa Tounes, ancien membre de l’Assemblée nationale, ancien maire de Sidi Hassine, et ancien membre du Rassemblement constitutionnel démocratique, l’homme d’affaires Faouzi Elloumi est sous les feux de la rampe, depuis un certain temps. Mécène du parti, il représente, pour certains, «l’arrivisme» des figures du RCD dissout. Abdelaziz Mzoughi avait, ainsi, affirmé, qu’Elloumi veut faire revenir les RCDistes au sein du parti et que ces genres de personnages «sont prêts à s’allier avec n’importe qui pour arriver à leur fin».

 

Nidaa Tounes

Rappelons, aussi, qu’en décembre 2013, deux députés de Nidaa Tounes, à savoir Chokri Yaïche et Jamel Gargouri, ainsi que quatre cadres des bureaux régionaux de Sfax 1 et de Sfax 2 avaient présenté leur démission du parti à cause «de sa déviation de ses objectifs initiaux» et sa tendance vers l’appui sur «l’ancien régime à travers l’enrôlement massif (…) de personnalités manifestement rattachées au système de corruption et de despotisme».

Les démissionnaires avaient, d’autre part, dénoncé l’installation, par Faouzi Elloumi, de bureaux régionaux parallèles. Président de la commission de la commission électorale (!) du parti, Elloumi est en train, d’après eux, de mettre en place des sous-commissions régionales qui regrouperaient d’anciens RCDistes notoires.

Au côté de ce problème d’alliance avec des figures du RCD, Nidaa Tounes connaît, parallèlement, des tensions à cause de «l’absence» de démocratie au niveau interne. D’ailleurs, le parti n’a pas encore tenu son congrès constitutif et aucune date précise n’a été fixée pour cela.

Taher Ben Hassine, membre démissionnaire du bureau exécutif de Nidaa Tounès en septembre 2013, avait, lui aussi, fustigé l’absence de démocratie au sein des structures internes du parti et l’accaparation du pouvoir par le seul Béji Caïd Essebsi.
En mai 2013, lors de son passage dans l’émission Essaraha Raha sur Hannibal TV, il avait soutenu, en substance, qu’Essebsi ne croit pas en la démocratie mais qu’il s’y sent obligé vu l’évolution de la société tunisienne.

Le mixage RCD-démocratie ne passe pas au sein de Nidaa Tounes. Et vu la nette progression des figures de l’ancien parti benaliste, la purge ne s’arrêtera pas, forcément, au niveau du seul Abdelaziz Mzoughi. A moins qu’une nouvelle vague de démissions apparaisse, par anticipation ou par désolidarisation vu cette évolution, à maintes fois décriée, du «principal» concurrent d’Ennahdha…

K. A.

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