Pour nous c’est fait, on a déjà percuté le MUR… eux c’est le CIEL qu’ils vont avoir sur la tête

Mercedes dans le mur

Billet – Des mois durant, on ne cesse d’entendre cette rengaine ; attention on va droit dans le mur… Ben dis donc, y-a-t-il une seule personne sensée dans ce pays (exception faite des tenants de la légalité « périmée ») pour contester le fait que le satané mur en question on l’a déjà reçu en plein dans la tronche et cela depuis belle lurette ?

Bir Ali Ben Khalifa, El Rouhia, le triple assassinat d’opposants politiques, les forces de sécurité (entre militaires, policiers et gardes nationaux) qui se font tirer comme des lapins quand ils ne se font pas égorger comme des moutons, les jeunes femmes parties jusqu’en Syrie faire du tapin « halal »… Tous ces faits oscillant entre l’affreux, l’abominable et l’horreur absolue ne justifient pas pour certains que l’on tire toutes les sonnettes d’alarmes et que l’on décrète l’urgence absolue.

Non, disent-ils, ce ne sont que quelques petits obstacles mineurs sur le chemin de la transition démocratique. Tous ces faits, à les croire, seraient aussi banals que l’impact d’un pistolet à eau, ou une petite égratignure de rien du tout sur le visage de notre Tunisie?… Mais peut-on les blâmer de penser ainsi, eux les adeptes de la théorie des sportifs faisant des tours de pistes dans les hauteurs du Châambi ?

A les croire, notre catastrophisme en plus d’être malintentionné n’aurait aucun fondement… tout va bien dans le meilleur des mondes possibles… les rues, les avenues, les quartiers pauvres et huppés, les grandes, moyenne et petites villes, les petites bourgades et même les hameaux les plus éloignés, tous sont peuplés ou fréquentés par des citoyens arborant un large sourire transpirant la joie de vivre, mangeant à leur faim, fumant des narguilés sur les terrasses d’un café et même, cerise sur le gâteau, nos robinets font couler une eau claire et pétillante et pas une ampoule ne te fait un faux bond quand tu appuies sur l’interrupteur…

Ce discours en forme de « foutage de gueule » caractérisé de la part de la troïka peut durer des heures et des semaines durant, tu trouveras toujours un dirigeant de la coalition majoritaire pour te dire mais de quel mur vous parlez ? Tu as beau lui sortir le tableau catastrophique de notre économie nationale, de l’inflation galopante, du pouvoir d’achat malmené, de la chute libre du dinar, du déclassement global de l’économie tunisienne qui, de décrochage en décrochage, voit régulièrement sa note souveraine tomber d’un cran etc… Niet, nada, nicht, wallo, l’homo troikus autiste et campé dans le déni absolu niera tout en bloc te débitant sans honte les arguments mensongers les plus extravagants.

Tu auras beau ajouter… et les facultés dépeuplées où les rares étudiants viennent pour boire un café avec les copains et/ou copine ?… et les 100.000 élèves ayant abandonnés leurs études ?… et la dégradation de l’environnement et la montée de la criminalité ? Et les épidémies et autres saloperies qui menacent la santé des tunisien ?… C’est de la science-fiction peut être ? Impassible il te sortira ses répliques préférées du genre intox, contre- vérités, opposition jalouse de nos succès qui veut mettre le bâton dans la roue etc…

Au total l’homo troikus n’a pas vu le mur venir, ni même que nous l’avons transpercé plusieurs fois à la façon des personnages de « cartoon ». L’homo troikus, le postérieur toujours vissé à son siège et autres strapontins , mettant en boucle son disque rayé  » la légalité d’abord » ne veut surtout rien voir . Ce qui l’obsède, l’obnubile et hante ses jours et ses nuits c’est de s’accrocher avec les mains et les pieds mais qu’il soit rassuré, il va finir par ouvrir ses yeux et voir débouler, en plein dans la figure, le boomerang de ses bourdes et autres erreurs fatales…c’est juste une question de temps.

Quant au commun des Tunisiens, encore groggy d’avoir percuté ce mur plusieurs fois, ils finiront bien par se relever et reconstruire tout ce qui a été détruit par une bande d’aventuriers diaboliques mais si peu stratèges et incapables de se comporter en gouvernants responsables et visionnaires.

Commentaires: