Beji Caid Essebsi : «La présidence n’est pas mon obsession mais fait partie de la solution»

Beji Caïd EssebsiInvité de l’émission radiophonique «La Matinale» sur Shems FM, Beji Caid Essebsi, président de Nidaa Tounes, a abordé les questions en rapport avec la mise en œuvre de la feuille de route initiée par le Quartette, le sort de la présidence de la République dans le cadre de cette initiative et les conséquences du discours de Moncef Marzouki à l’ONU appelant à la libération de Mohamed Morsi.

Concernant l’application de la feuille de route proposée par les organisations qui ont parrainé le dialogue national, il a insisté sur la nécessite d’achever les pourparlers et d’exécuter les résolutions convenues dans les plus brefs délais. Il a rappelé à cet égard que la situation économique dans le pays est si grave qu’il est indiqué de mettre un terme à la crise politique que traverse le pays avant qu’il ne soit trop tard.

En réplique aux propos de Ajmi Lourimi, nouvellement nommé à la fonction de porte-parole du mouvement Ennahdha, qui a déclaré sur les ondes de la même radio, que la situation sous le règne de Caid Essebi était pire et que malgré sa gravité, elle n’a pas suscité autant de réactions, ce dernier a fait remarquer que le gouvernement qu’il a présidé dans un contexte critique est parvenu, au bout de 7 mois à réaliser sa mission qui a conduit aux élections du 23 octobre 2011. Il a ajouté que le gouvernement en place doit démissionner non seulement parce qu’il n’a plus aucune légitimité mais surtout en raison de l’échec constaté à tous les niveaux.

Au sujet de la présidence de la République, il a déclaré qu’il n’a jamais appelé à la démission du président de la République. Tout bonnement, poursuit-il, il a clarifié la position initiale de Nidaa Tounes lors de la dernière réunion du conseil national du parti. Il a précisé que le but de la solution envisagée étant de désigner dans le pouvoir exécutif des compétences et des personnalités indépendantes pour garantir la crédibilité des prochaines élections. La démission du président de la République s’impose dans la mesure où cette institution fait partie de ce pouvoir. Cette position ne signifie pas pour autant une remise en cause de l’initiative du Quartette qui fait, désormais, l’objet d’un large consensus de la part des protagonistes sur la scène politique.

Interrogé sur l’éventualité de se voir au Palais de Carthage, Beji Caid Essebsi a indiqué que cette éventualité n’a jamais été évoquée dans les négociations bipartites et dans ses entretiens avec Cheikh Rached Ghannouchi, contrairement à ce qui a été avancé. Il a affirmé que la magistrature suprême n’a jamais été son ambition dans l’état actuel des choses. Son souci majeur étant de servir la Tunisie, si l’intérêt du pays exige qu’il soit à la tête de l’Etat, il n’hésitera pas à accepter la proposition, a-t-il dit.

D’après Caid Essebsi, cette issue ne risque pas de rejaillir sur la position politique de Nidaa Tounes dont la prospérité dépend de la cohésion de ses membres, a-t-il lancé. En effet, certains observateurs et analystes politiques pensent qu’en proposant à Caid Essebsi la présidence de la République, le but recherche est d’affaiblir son parti qui doit son rayonnement à la personne de son fondateur.

S’agissant enfin du discours prononcé par Moncef Marzouki à l’ONU où il a appelé les autorités Egyptiennes à relâcher Mohamed Morsi, Beji Caid Essebsi estime qu’il n’est pas permis au président de la République de s’ingérer dans les affaires intérieures de ce pays frère. L’incident diplomatique provoqué suite à ce discours était prévisible.

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