Affaire Brahmi – L’avocat JP Mignard chargé de préparer une plainte contre 20 responsables sécuritaires

Jean-Pierre Mignard (crédit photo - Le Monde)
L’avocat français Jean-Pierre Mignard (crédit photo – Le Monde)

Taieb Laakili, président de l’Initiative pour la recherche de la vérité sur l’assassinat de Chokri Belaid, a déclaré sur les ondes de la radio Mosaique FM avoir rencontré des avocats français et avoir chargé Maître Jean-Pierre Mignard, un spécialiste du droit pénal de porter en justice devant les tribunaux internationaux l’affaire Mohamed Brahmi estimant qu’il s’agit-là d’un crime d’Etat, d’après ses dires.

Selon lui, une plainte contre 20 responsables sécuritaires de haut rang a été préparée sur la base d’une implication dans l’assassinat de Mohamed Brahmi attendu que le ministère a été alerté par une notification de la CIA 11 jours avant la mort du député et que rien n’a été fait pour empêcher cet assassinat, selon Taieb Laakili.

Rappelons que l’avocat Jean-Pierre Mignard, engagé au Parti socialiste et proche de François Hollande, avait été chargé par Besma Belaid, veuve de Chokri Belaid. L’avocat qui a également eu l’occasion de se pencher sur l’affaire Mohamed Brahmi avait dénoncé « une affaire extrêmement grave traitée de manière banale » au journal Le Monde.

« S’il s’agit d’une même entreprise terroriste criminelle, il faut réunir les procédures et ouvrir une information judiciaire commune, déclarait-il. Or, les juges travaillent dans leur coin et chacun, à part le parquet, ne voit qu’un bout des dossiers. » « Ou bien, poursuit-il, la justice n’est-elle là que pour mettre un coup de tampon sur ce que dit la police ? »

Me Mignard avait cité des exemples illustrant la manière dont ont été traités ces assassinats. Il citait «les déclarations du ministère de l’intérieur, selon lequel la même arme, un 9-mm, aurait été utilisée dans les deux assassinats». « Mais le dossier du juge d’instruction ne contient aucune expertise balistique !« , s’étonnait-il. Ou encore : «Le 13 mai, le magistrat chargé de l’enquête a bien envoyé une demande d’expertise à un laboratoire néerlandais, mais ce dernier n’aurait officiellement pas rendu ses conclusions, au motif que la peine de mort n’a pas été abolie en Tunisie».

« Dans ces conditions, on peut se demander si une expertise parallèle n’aurait pas été cachée au juge ? », interrogeait l’avocat, qui a dénoncé l’absence de reconstitution des faits sur le lieu du crime.

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