Fakhfakh impute la crise économique au ralentissement en Europe et méconnaît la crise politique !

Elyes FakhfakhLa situation économique du pays n’est pas au point. Au contraire, les observateurs et les experts ne cessent d’attirer l’attention de l’opinion publique et des autorités et les indicateurs sont tous à la baisse, mais il semble que le gouvernement continue d’ignorer la délicatesse de la situation poursuivant sa fuite, en aveugle, de l’avant !

Aujourd’hui, il semble que les chiffres de la croissance doivent être revus à la baisse puisque la croissance annoncée à 4% ne sera que de 3,6% alors que le déficit du PIB devrait atteindre 7,4% au lieu des 5,1% prévu auparavant. Quant à la dette, elle pourrait être de 48% et même arriver à 52% au lieu des 46% prévus dans le cas où les salaires continueraient d’augmenter. Des chiffres qui risquent de s’avérer bien plus graves que ceux annoncés.

En tous les cas, ce sont là les chiffres officiels annoncés par le ministre des Finances, Elyès Fakhfakh à l’agence Reuters, ne donnant aucune autre indication sur les causes d’une telle situation que le ralentissement de la croissance en Europe, le principal partenaire économique de la Tunisie, où les augmentations imprévues des dépenses du gouvernement. Bref, la crise n’existe pas chez nous et ses causes doivent être recherchées ailleurs, hors de nos frontières !

Or, le ministre des Finances, l’un des plus sérieux et plus acharnés opposants au départ de ce gouvernement, a complètement ignoré les causes politiques d’une telle situation. En effet, le ministre a omis de signaler que l’instabilité politique, le flou de l’avenir, la situation sécuritaire précaire et la tension qui règne dans le pays, qui est annonciatrice de rupture entre les différents acteurs politiques, sont les causes principales et essentielles de la crise économique en Tunisie. La fuite des entreprises étrangères, la crainte des investisseurs tunisiens ou étrangers et le climat social délétère actuel sont le résultat du manque d’efficacité de l’actuel gouvernement, mais aussi, et surtout, du flou en ce qui concerne l’avenir du pays.

L’épanouissement économique et le développement des investissements passent nécessairement par la clarté quant à l’avenir immédiat et futur du pays et la stabilité politique sans lesquelles aucune évolution n’est possible.

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