Quand le dialogue n’aura pas lieu !!!

La rencontre entre Béji Caid Essebsi et Rached Ghannouchi continue d’alimenter les discussions et à faire la « Une » de l’actualité. Du côté de Nidaa Tounès, que ce soit Taieb Baccouche ou Mondher Belhadj Ali, le préalable de la démission du gouvernement est nécessaire.

Dialogue de sourds (Piem)
Dialogue de sourds (Piem)

M.Taieb Baccouche a déclaré à la chaîne El Hiwar à propos de cette rencontre « il ne s’agit d’aucun mariage de plaisir ni aucun type de mariages entre Nidaa Tounès et Ennahdha. Tout ce que l’on peut dire aujourd’hui c’est qu’Ennahdha ne nous considère plus « satanique”, mais comme un mouvement centriste. Elle a maintenant compris qu’elle ne pouvait plus exclure Nidaa Tounes des négociations alors qu’elle le refusait systématiquement auparavant. Quant à Nidaa Tounes, il n’a jamais exclu Ennahdha d’aucune négociation. Le dialogue doit être général et concerner toutes les parties. Mais, ce dialogue s’était déjà tenu avant sur l’initiative de l’UGTT et d’autres organisations nationales au cours duquel on s’était entendu sur plusieurs questions mais cela ne fut pas suivi d’effet, ce qui fait perdre au dialogue toute crédibilité.

Maintenant et après les assassinats de Chokr Belaid puis de Mohamed Brahmi, il faut reconnaitre l’échec du gouvernement, un échec que nous avions prévu depuis la démission du 1er gouvernement Jebali, car ces gouvernements fondés sur des critères partisans n’avaient aucune chance de succès et qu’ils ne pouvaient rien changer. Les mêmes causes ne peuvent produire que les mêmes effets. Il fallait donc recourir à des compétences alors que l’ANC devait remplir sa mission en fonction du texte qui l’organise, et qui lui prescrit ses compétences et sa durée. En dépassant ses prérogatives se transformant en parlement et en prolongeant son activité, il a produit un coup d’État sur la légitimité et sur la légalité.

Un dialogue ne peut débuter et n’a aucun sens que si on s’entend sur un préalable, la démission du gouvernement actuel et son remplacement par des compétences. C’est une position de principe parce que d’un point de vue objectif, c’est la seule solution qui peut nous sortir de la crise. Et il y a une unanimité sur cela. Mais, quant à la rencontre entre Béji Caid Essebsi et Rached Ghannouchi, je ne considère pas cela comme un dialogue, car l’essentiel est le résultat. »

Quant à Mondher Belhadj Ali, sur les ondes de Jawhara FM, il a répété les mêmes principes tout en faisant quelques révélations comme « des portefeuilles ministériels auraient été proposés à Nidaa Tounès, chose que Béji Caid Essebsi a refusé. Il a indiqué aussi que cette rencontre a eu des implications directes puisque le conseil de la choura d’Ennahdha a délégué son leader de mener les négociations au nom du mouvement des Frères », une position dans laquelle Mondher Belhadj Ali voit comme une évolution dans la position d’Ennahdha. Concernant la question de l’ANC et si Nidaa Tounès était prêt à renoncer à la revendication de sa dissolution comme l’UGTT le soutient, il a souligné « nous pouvons nous aligner sur la position de l’UGTT dont le rôle politique est historique en Tunisie. La politique est une dynamique avec laquelle il faut composer. »

Reste que du côté d’Ennahdha, on continue de cultiver le flou (c’est une habitude) le plus total. Ainsi, France 24 en Arabe annonce que les Islamistes tunisiens sont prêts à négocier avec l’opposition. En revanche, le communiqué du Conseil de la Choura a déclaré « être convaincu de la nécessité de constituer un gouvernement d’Union Nationale élargi présidé par Ali Laarayedh. » Or, la démission du gouvernement est un préalable alors que le nouveau gouvernement devrait être composé de technocrates.

N’est-ce pas un dialogue de sourds ?

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