Ennahdha / héritage bourguibien … est-ce le temps du grand amour ?

Billet – Je n’en reviens pas Ennahdha fêtant le 13 aout sur l’avenue H Bourguiba … Mais quel sacré pied de nez de l’histoire ? Je me suis frotté les yeux plusieurs fois en me disant non ce n’est pas vrai, c’est impensable le parti de Ghanouchi and Co défilant le jour actant la naissance du code du statut personnel !? Quoi qu’il en soit, que cela procède d’une bonne ou mauvaise foi … ou d’un quelconque calcul politique, peu importe, la symbolique est énorme, la victoire a posteriori du moderniste Bourguiba partisan d’une identité tunisienne en harmonie avec son temps relève en l’espèce de l’évidence.

De là où il repose, il doit certainement jubiler. En effet, non seulement une marée humaine drapée de rouge et blanc est venue dire son attachement à ce qui sera peut être la plus grande œuvre d’une vie très chargée quoique contrastée … Mais en plus de cela, ses détracteurs de toujours, ont dû eux aussi se résigner à fêter un acquis portant sans contestation aucune sa signature. Ne pouvant décourager les Nahdhaouis dans leur effort de se rapprocher davantage de ce qui structure notre pacte républicain, j’émets toutefois le souhait de voir le cheikh Rached Ghanouchi compléter le tableau en se rattrapant de son attitude le jour de la disparition du leader Bourguiba et de choisir dans les modalités qui lui convienne le geste qui viendra sceller la réconciliation définitive de ce parti avec les idéaux des pères fondateurs de la République.

Toutefois, mise à part la valeur symbolique de la manifestation des femmes nahdhaouies, force est de reconnaître que ce qui sembla un moment constituer un début de réconciliation du parti Ennahdha avec l’héritage bourguibien ne risque absolument pas de se transformer en une grande histoire d’amour.

En effet, tout dans cette manif transpirait la fête forcée, la présence trop faible de par le nombre, les slogans ne sentant absolument pas la conviction dans les droits de la femme, les pancartes levées affichant un contenu trop travaillé droits des femmes a la sauce islamiste, etc. … Autant d’indices confirmant que si elles avaient a choisir, elles auraient choisi de profiter de ce jour férié, pas de s’afficher sur l’avenue avec des mines pour le moins peu festives, trahissant l’ exercice de circonstance et les figures imposées … C’est ce qui explique surement pourquoi elles ont vite fait par quitter les lieux et s’en retourner chez elles… Afin peut être de suivre la grande manif Bab saadoun –Bardo et de se lamenter des oukases de leurs chefs qui les ont obligés par un temps à ne pas mettre un chameau dehors…. à défiler contre leur volonté

Bourguiba et les femmes, 1957 (photo - peraxvilo.over-blog.com)

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