Au Maroc, la grâce royale d’un pédophile espagnol se transforme en répression sur fond d’affaire d’espionnage !

Stop-Pedophilie
compagne « Touche pas à mon enfant » Maroc

La nouvelle a secoué le Maroc et l’onde de choc a atteint tous les coins du pays ainsi que ses alentours faisant couler beaucoup d’encre.

Le peuple marocain s’est réveillé jeudi dernier sur la nouvelle de la grâce royale accordée par le roi Mohammed VI à un pédophile espagnol condamné à 30 ans de prison ferme en 2011 suite à des abus sexuels sur onze enfants marocains. L’affaire est exposée au grand jour par le média marocain indépendant «Lakom ».

Le 30 Juillet 2013, le Maroc célèbre le 14ème anniversaire de la fête du trône. À cette occasion, le roi a décrété la libération de 48 prisonniers espagnols condamnés pour différents crimes au Maroc. Cette libération fait suite à la visite officiel du roi d’Espagne Juan Carlos au Maroc mi-juillet et sa demande de gracier un ensemble de prisonniers espagnols comme l’atteste le communiqué officiel du palais royal :

« Lors de la visite effectuée récemment dans le Royaume du Maroc par SM Juan Carlos 1er, Roi d’Espagne, le Souverain espagnol a demandé à Sa Majesté le Roi, que Dieu l’assiste, de bien vouloir gracier 48 ressortissants espagnols condamnés par différents tribunaux du Royaume. En réponse à la demande du Souverain d’Espagne, SM le Roi, que Dieu le glorifie, a ordonné la libération de ce groupe de prisonniers espagnols à l’occasion de la glorieuse fête du Trône. Puisse Dieu préserver Sa Majesté le Roi pour le bien de ce pays et combler le Souverain en la personne de SAR le Prince Héritier Moulay El Hassan, de SAR le Prince Moulay Rachid et de l’ensemble de la famille royale »

Mais la libération de Daniel Galvan Viña, retraité espagnol de 63 ans emprisonné pour pédophilie a suscité l’indignation des familles des victimes et leur colère. Ayant purgé à peine dix-huit mois de sa peine de 30 ans, le « violeur de Kénitra » comme on l’a surnommé a déjà quitté le Maroc pour l’Espagne.

Affaire Daniel Galvan Viña :
affaire nationale au jugement modèle
qui se transforme en cauchemar

galvanIl se présentait comme ancien professeur universitaire qui a décidé de passer sa retraite au Maroc. Installé depuis 8 ans, Daniel Galvan s’est acheté deux appartements à Kénitra, ville où il a été jugé et emprisonné. Il organisait des fêtes où il invitait les enfants de ses voisins et lors desquelles ils abusait d’eux.

Des enfants dont les familles étaient majoritairement démunies, une cible facile pour le pédophile. Selon le journal espagnol « El Pais », certains des enfants auraient même été photographiés et filmés dans des positions obscènes pour des fins de commercialisation par la suite.

La peine prononcée contre Galvan est considérée comme un succès national au Maroc. Pays connu pour ces innombrables affaires de pédophile entraînant parfois des politiques étrangers (affaire du ministre français). Le tourisme sexuel est un vrai fléau au Maroc où la classe populaire pauvre vivant majoritairement de tourisme se tourne de plus en plus vers le marché sexuel afin de gagner sa vie.

Un fléau d’autant plus aggravé où les jugements sont trop laxistes surtout quand il s’agit de pédophiles de nationalité étrangère. Le Maroc a fait de ce procès une affaire nationale avec un jugement modèle pour calmer les associations et parties civiles qui depuis quelques mois organisent des marches et des manifestations. L’association « Touche pas à mon enfant » s’était même constituée partie civile dans cette affaire. Il écope ainsi d’une peine maximale de 30 ans jamais prononcée pour un pédophile avec obligation d’indemniser six de ses victimes pour un total de 4800 euros.

Le pédophile intouchable au deux identités ?

Malgré cette peine lourde, Galvan est gracié. Pire encore, parmi les 48 graciés certains n’ont pas encore été relâchés vu qu’ils n’ont pas encore payé leurs indemnités. C’était le cas pour Daniel Galvan mais ce dernier a pu quitter le pays et ce malgré son passeport périmé.

Agissant en toute impunité pendant des années, gracié, quittant le Maroc et des bruits courent que son avocat a déjà commencé une procédure pour récupérer ses biens et ses maisons mis sous scellés… L’homme passe pour un intouchable. Chose qui a mis la puce à l’oreille aux médias étrangers. Ayant mené son enquête, «El pais» n’a trouvé aucune trace de Galvan comme étant professeur lors des dernières années.

Son avocat Maitre Mohamed Benjedou, vient quand à lui de déclarer que son son client lui a confié être un officier de l’armée irakienne ayant collaboré avec les services étrangers pour renverser le dictateur Saddam Hussein. Une thèse conforté par les médias « El Pais » et «Lakom » qui convergent à dire que Galvan ne serait autre qu’un espion du CRI, l’agence de renseignement espagnole.

Le Maroc se révolte, l’Espagne remercie

La grâce accordée au « violeur de Kénitra » semble donc être une faveur accordée par le roi de Maroc au roi espagnol et plus précisément aux services de renseignements espagnols. Une grâce qui a choqué le peuple marocain et augmenté le sentiment de la faiblesse de leur appareil judiciaire. Des manifestations ont parcourus le pays le vendredi 2 août 2013 mais qui ont été violemment réprimées par les forces de l’ordre. Les réseaux sociaux se sont enflammés avec les appels à manifester et par la suite les photos des blessés et déploiement exagérés des forces de l’ordre. Le Hashtag #DanielGate a été lancé afin d’attester de tous ces dépassements.

Pour calmer la population , le ministre de la Justice marocain, Mustapha Ramid, a simplement déclaré dans un communiqué que la libération de Galvan est due à des « raisons d’intérêt national ». Le palais royal quand à lui n’a fait aucune déclaration à ce jour. L’Espagne quand à elle, a premercié le roi pour la libération de ses prisonniers. Le roi Juan Carlos aurait même appelé le roi Mohammed VI pour le remercier personnellement.

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