Les LPR se voient capables d’éviter un scénario à l’égyptienne

Révolution-photo-lexpress.fr_Dans la lignée de l’interview accordée par Rached Ghannouchi au quotidien londonien Asharq Al-Awsat, entretien édité avant la destitution de Mohamed Morsi, un inquiétant silence a envahi le pouvoir en Tunisie où seules les ligues de protection de la révolution ont réagit aux événements d’Egypte et au renversement du président Morsi. Réactions primaires qui dénotent une certaine inquiétude face à ce qui se passe en Egypte.

Mais une réaction remarquée en l’absence de réactions officielles de la part du gouvernement, de la Présidence ou d’Ennahdha. Comme on pouvait s’y attendre, les LPR ont déclaré, sur leur page officielle, se porter garants (de la légitimité électorale… en Tunisie) et vont même jusqu’à donner des conseils pour écarter un scénario à l’égyptienne. Rien que ça !

Les LPR, sous le joug de la LNPR, sont vues comme le bras droit d’Ennahdha par toute l’opposition. Ce n’est donc un mystère pour personne si elles s’expriment. La crainte d’une contagion et le lancement de la campagne «Tamarrod» version tunisienne fait en sorte que la LNPR se présente d’ores et déjà comme un rempart contre un coup d’Etat, une destitution et se porte comme le garant d’un scénario similaire à celui de l’Égypte.

En protecteur de la Tunisie, la LNPR se dit capable d’éviter un scénario à l’égyptienne. Il suffit, pour cela, de suivre les conseils donnés par les LPR et qui tendent à éradiquer une fois pour toutes les ingrédients pouvant nuire à la révolution tunisienne. Sur sa page Facebook, elle publie les propos d’un analyste qui affirme qu’en Tunisie, les LPR sont là pour éviter toute « rébellion ». Qu’en pense « Tamarrod » ?

«Tamarrod», le mouvement
qui commence à faire parler de lui

Lancé, dimanche 30 juin, le mouvement «Tamarrod» version tunisienne est déjà en marche. En effet, «Tamarrod Tunisie» a officialisé son lancement, hier avec pour principaux objectifs la dissolution de l’Assemblée nationale Constituante et surtout l’annulation du projet de Constitution considéré comme un projet non démocratique tendant à instaurer un régime théocratique liberticide.

«Tamarrod» se présente comme un mouvement apolitique qui refuse l’actuelle Constitution telle que conceptualisée par l’ANC, veut former un gouvernement d’Union nationale et veut surtout mettre en place une instance formée d’experts en droit constitutionnel pour réactualiser la constitution de 1959.

Calqué sur le modèle égyptien qui a abouti à la chute de Mohamed Morsi, «Tamarrod» espère bien surfer sur le succès de son homonyme en Egypte et mettre la pression sur le gouvernement tunisien. Jusqu’à présent, les adeptes du mouvement estiment à plus de 200.000 signatures collectées par la pétition. La prochaine étape devrait être celle des manifestations.

Pour Mohamed Bannour, porte-parole de ce mouvement considéré comme apolitique par ses initiateurs, «Tamarrod» n’est pas un mouvement de désobéissance mais un rempart à une nouvelle dictature. Un avis qui va à l’opposé de celui de Rached Ghannouchi lorsque celui-ci parle de jeunes qui ne feront que gaspiller leurs efforts en tentant de transposer les événements d’Egypte à la Tunisie (voir l’interview accordée à Asharq Al-Awsat).

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