Procès Tunis-Hebdo et Al Akhbar contre ZABA : Vers la restitution des fonds extorqués par la CNSS !

Tunis-HebdoDar Tunis Hebdo dont relèvent les deux hebdomadaires Tunis Hebdo et Al-Akhbar contre Ben Ali, a porté plainte, il y a de cela près d’une année contre Abdelhamid Nouira, ancien PDG de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS). Il s’agit de la réclamation de la somme de plus de 500.000 dinars qui ont été spoliés en tant que pénalités par le patron de la CNSS pour des motifs absolument imaginaires, question de corriger le directeur de Dar Tunis-Hebdo. A savoir la non-déclaration de la majorité de nos salariés.

La confrontation entre tous les antagonistes de cette injustice a eu lieu mercredi 17 avril 2013 auprès du juge d’instruction en charge du dossier n°22501/22 relevant du 23e Bureau du Tribunal de Première Instance de Tunis, siégeant au pôle juridique et financier, créé spécialement, depuis deux mois, pour traiter les différentes affaires d’abus commis par et durant l’ancien régime.

Ladite confrontation a eu lieu entre le directeur-fondateur de Dar Tunis-Hebdo et Al Akhbar, M’hamed Ben Youssef, le plaignant, et Abdelhamid Nouira, ancien PDG de la CNSS, son sbire Latri et inspectrice madame Souad Belkhir, tous trois étant à la retraite actuellement.

Toutefois, était absent l’animateur Moez Khadraoui. Celui-ci a médit Tunis-Hebdo, en direct à la télé sur «Canal 21». Ce fut, parfois, des moments pathétiques du fait que la victime, en l’occurrence le directeur de Dar Tunis-Hebdo, a dû, en quête de la vérité, affronter dans un face-à-face, orageux parfois, ses deux bourreaux.

Quant à Mme Belkhir, elle s’est révélée, depuis 1995, date du déclenchement de l’enquête-sanction de la CNSS, une grande dame, d’une honnêteté absolue, ayant eu, de surcroît, du courage à revendre. N’a-t-elle pas refusé, à l’époque, à M. Nouira en personne, son PDG, de mentir, entre autres, et d’émarger de faux rapports financiers pour ruiner Dar Tunis Hebdo, et cela pour le motif fallacieux de n’avoir pas déclaré à la CNSS 53 journalistes, 18 correspondants régionaux, dont certains à l’étranger, et une dizaine de reporters sportifs, soit un total de 81 personnes qui «travaillaient» soi-disant au sein des deux journaux (…).

M. Nouira, qui n’a jamais cessé de nuire à l’intelligentsia tunisienne et aux hommes d’affaires du temps de ZABA, s’est empêtré irrémédiablement, lors de cette confrontation et avec Si M’hamed Ben Youssef et, surtout, suite à la déposition, une vraie accusation, franche et sans équivoque aucune de Mme Belkhir, son employée. Cette noble dame a désavoué son ex-patron :

«Vous m’avez donné, dans votre bureau même, alors que vous m’aviez tenu debout, l’ordre verbal de taxer Si Ben Youssef, rétorqua-t-elle, à raison de cinq mille dinars mensuellement pour chaque journaliste. Ce que j’ai automatiquement refusé, exigeant de me fournir spécifiquement un ordre par écrit pour cette mission sanction. Ça je ne l’oublierai jamais. Car j’ai raconté cela, des jours durant, à ma famille et à tous ceux qui voulaient m’entendre». «Depuis cette entrevue, on m’a déchargée de cette affaire crapuleuse», clama-t-elle à la figure de Nouira et son ténébreux compagnon de route. A ce propos, on croit savoir que cette brave femme a été acculée à démissionner de son poste.

Quant à l’inspecteur Latri, il a reconnu «avoir relevé» la liste des journalistes pénalisés au sein de deux numéros respectifs de Tunis-Hebdo et d’Al Akhbar, qu’il avait feuilletés auparavant. Pour la petite histoire, cet inspecteur véreux a mentionné parmi la liste des journalistes de Dar Tunis Hebdo le nom d’une fillette de douze printemps seulement. Celle-ci avait écrit un petit poème dans Tunis-Hebdo, aidée en cela par son papa. Du coup, elle est devenue journaliste. Latri a relevé, aussi, le nom du professeur Hédi El Balegh sur la couverture de son livre, illustrant un commentaire critique à propos de son ouvrage, une traduction des proverbes arabes et tunisiens. El Balegh est devenu du coup un rédacteur patenté à Tunis Hebdo, alors qu’il travaillait bel et bien et uniquement auprès de La Presse.

Pour la petite histoire encore, quand Si M’Hamed Ben Youssef a été sanctionné de cette faramineuse somme et a vu ses biens immobiliers et même sa voiture, saisis par des huissiers, Si Abdelwaheb Abdallah, ministre conseiller, a eu le mérite de tenter de le défendre, un tant soit peu, auprès de l’ex-président. Il a ramassé son courage à deux mains, comme on dit, et a osé s’adresser à Ben Ali en ces termes : «M. le Président, la sanction est trop lourde contre Ben Youssef». Et ZABA de répliquer ironiquement : «Si c’est ton ami, tu n’as qu’à casquer une part avec lui». Nous tenons cette anecdote de son frère Si Ridha Abdallah, avocat de métier et toujours bien intentionné à notre égard…

Une autre révélation que le directeur de Dar Tunis-Hebdo a faite au juge d’instruction : «Juste la veille du périple que Ben Ali devait entreprendre en Afrique durant une dizaine de jours, j’ai reçu vers 20h00 un coup de fil de M. Abdelwaheb Abdallah, m’annonçant une très, très bonne nouvelle ! : “Le Président compte vous amnistier à propos de l’injustice de la CNSS, après son retour au bercail”, m’a-t-il. «Crédule, j’ai été pris d’une joie immense et j’ai même organisé, en famille, ce soir-là, une vraie fête. Or, il s’est avéré, par la suite, qu’il s’agissait là bel et bien d’un canular, un de plus, du général Ben Ali. Il s’agissait uniquement d’une diversion éhontée. C’est que le filou Zine El Abidine tenait à neutraliser, alors qu’il serait absent pour une longue période de Tunisie, toutes les personnalités qui pouvaient lui nuire de près ou de loin, ou nuire à son règne, alors qu’il se baladait dans les contrées africaines».

Du reste, il n’aimait pas les Africains, tout comme les Arabes du Proche-Orient, particulièrement, et à notre connaissance, l’ensemble des Saoudiens, exception faite du vice-roi, l’ex-ministre de l’Intérieur, décédé au lendemain du 14 janvier 2011.

Suite à ces deux faits narrés spontanément, le juge d’instruction a annoncé à l’assistance qu’il recevra dans ce cas, prochainement, M. Abdelwaheb Abdallah afin de le confronter à propos de ces faits et révélations de ce qu’il sait sur cette affaire. Quant à l’animateur Moez Khadraoui – quoique son nom a été cité plus d’une fois, du fait qu’il a fait un appel télévisé en direct sur Canal 21 aux téléspectateurs leur demandant de ne plus acheter ou lire Tunis-Hebdo -, il a brillé par son absence lors de cette confrontation.

Rappelons que cet animateur a failli causer la faillite totale de Tunis-Hebdo et d’Al Akhbar puisque de grands annonceurs ont renoncé ou fait stopper automatiquement leurs campagnes publicitaires au sein de Dar Tunis-Hebdo, et cela en plus de la suspension de plusieurs grandes quantités d’abonnements étatiques (ministères et administrations). Nous citons le cas de Canal Horizons, qui a interrompu un contrat d’une vingtaine de milliers de dinars sur ordre du Palais de Carthage. Quant au PDG d’une entreprise française qui a versé 50% de son contrat, il a tout simplement réclamé la suspension de son contrat et a demandé de ne pas lui rembourser son pactole.

Il s’agissait d’une perte de plusieurs milliers de dinars. Globalement le préjudice total subi est de l’ordre de plus d’un milliard de nos millimes d’époque (1995) !

Tunis-Hebdo

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