Critiques au vitriol d’un journal algérien contre Lotfi Ben Jeddou et ses «insinuations sournoises»

Lotfi Ben Jeddou (photo - Nawaat)L’interview accordée jeudi dernier par le ministre de l’Intérieur Lotfi Ben Jeddou à la radio Shems FM a été épinglée par le journal algérien L’Expression qui n’a pas apprécié le ton utilisé par le ministre en parlant de notre voisin algérien.

Lotfi Ben Jeddou avait notamment déclaré que «les autorités algériennes craignaient l’exportation de la révolution tunisienne surtout qu’il existait une activité anormale au sud du pays (…) Désormais, le gouvernement algérien est rassuré et prêt à coopérer en matière de lutte contre le terrorisme».

L’Expression juge que le ministre de l’Intérieur est allé trop loin dans ses déclarations. «Quelle mouche a donc piqué le ministre tunisien de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou, dont les récentes déclarations ne manqueront pas de susciter des grincements de dents à Alger ?», affirme le journal.

Les déclarations de Lotfi Ben Jeddou suscitent des interrogations, selon le journal algérien qui se demande sur quelles bases se repose le ministre pour affirmer de tels propos, rappelant à Lotfi Ben Jeddou qu’il doit faire preuve de plus de prudence et de retenue à l’avenir. Ces propos sont considérés comme provocateurs voire «éloignés de la réalité» :

«Quand, de surcroît, on est ministre de l’Intérieur, on doit éviter de tenir des propos qui risqueraient de soulever l’ire des voisins; secundo, dire que les Algériens «sont prêts à coopérer avec nous afin de lutter contre le terrorisme», serait travestir une réalité connue de tous, à savoir que l’Algérie a de tout temps assuré son rôle pivot dans la lutte antiterroriste au Maghreb. Elle a même contribué à assurer un contrôle rigoureux de la frontière Est, prémunissant ainsi la Tunisie d’éventuelles incursions terroristes venant de Libye et du Sahel» a tenu à préciser l’Expression.

Le journal conclut en estimant que les déclarations de Lotfi Ben Jeddou «risqueraient bien d’envenimer les relations entre Alger et Tunis». Et que «ce ne serait pas la première fois que des officiels, avocats et partis tunisiens font de l’Algérie leur souffre-douleur», signalant que le danger ne vient pas d’Algérie mais plutôt de Tunisie comme l’attestent les attaques contre l’ambassade des Etats-Unis, en septembre 2012.

«La Tunisie est confrontée, depuis la révolution de janvier 2011, à l’essor de groupuscules islamistes armés responsables de plusieurs coups d’éclats parfois sanglants, le plus grave ayant été l’attaque de l’ambassade des Etats-Unis, en septembre, qui avait fait quatre morts parmi les assaillants. C’est de ces sanguinaires que l’Algérie doit se prémunir, en prenant au sérieux les déclarations de M. Ben Jeddou…»

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