Un 4 décembre 2012 bis ce 1er mai ?

UGTTBien que les autorités sécuritaires semblent de plus en plus maîtriser la situation, aussi bien lors des récentes manifestations organisées à l’avenue Habib Bourguiba que lors de meetings de parti d’opposition, principalement Nidaa Tounes, la date du 1er mai constituera un test de plus, crucial, cette fois, pour le gouvernement.

Naturellement, l’absence de débordement notable, le 9 avril ou le 20 mars deniers, ne sont pas uniquement dus, selon plus d’un observateur, aux efforts de la police, mais à la volonté du parti au pouvoir, en l’occurrence Ennahdha, de faire moins de grabuge par le biais de ses milices, comme lors des passages à tabac du 9 avril 2012, ou au moyen des Ligues de protection de la révolution, spécialisées surtout dans la « sape » de meetings et autres réunions politiques d’opposition.

S’il y a aujourd’hui moins de « casse », c’est surtout parce qu’Ennahdha a appelé ses troupes à « observer le calme », parce qu’elle a fini par comprendre, entre autres, que les agressions profitent à l’opposition et renforcent encore plus sa « victimisation ».
Ce « sang froid » sera-t-il de mise le 1er mai ? Ennahdha ira-t-elle dans sa politique de « douceur » jusqu’à se laisser prendre la rue qui lui est jusque-là acquise ?

L’enjeu du 1er mai est trop important pour que les Islamistes se laissent faire, ce jour-là, il va y avoir une manifestation de l’UGTT qui aura à prouver son poids sur la scène nationale face à ce qu’il considère comme des tentatives de marginalisation de la part du gouvernement Laârayedh. Il y a d’abord l’échec de la commission du 4 décembre et le refus du gouvernement de reconnaître la responsabilité des Ligues de protection de la révolution dans les événements de la Place Mohamed Ali. Il y également le refus d’appliquer des accords signés par le gouvernement avec des syndicats comme ceux de l’enseignement. Il y a, aussi, le refus, par la centrale syndicale, cette fois, d’approuver la première version de la Constitution, en ce sens qu’elle ne consacre pas explicitement les libertés syndicales.

Quelle envergure aura le 1er mai de cette année ? Y aura-t-il tous les partis d’opposition sans exception, principalement Nidaa Tounes. Y aura-t-il toutes les organisations nationales, toutes les corporations, toutes les associations et le gros de la société civile ? Ou serait-ce un duel au sommet Ennahdha-UGTT ?
Le sit-in devant l’ANC, auquel a appelé Mongi Rahoui du Watad, le 1er mai pour réclamer la dissolution de la constituante, aura-t-il lieu ?
En fait, ce n’est pas cette mobilisation-là qui fait peur à Ennahdha, c’est l’entrée en scène du peuple s’il décide d’enregistrer sa présence dans les manifestations du 1er mai.

Quelle configuration aura le 1er mai ? Comment va réagir Ennahdha si une marée humaine qui lui est hostile se constitue ce jour-là ? Ce n’est peut-être pas très probable, mais pas exclu. Adoptera-t-elle, dans ce cas de figure, la stratégie du « dom » en « dopant » ses policiers et en lâchant ses miliciens ? Et si elle se retrouve face-à-face avec l’UGTT, rééditera-t-elle le coup du 4 décembre ?

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