Quel deal Laârayedh a-t-il passé avec l’Italie ?

Emigration clandestineDu temps de Ben Ali la «harka», ou immigration clandestine en Italie via des embarcations de pêche, offrait au gouvernement tunisien un moyen de chantage qui n’offusquait pas outre mesure les Italiens, dont les balanciers, par centaines, braconnent dans nos eaux territoriales.

Chaque fois que les Italiens rouspétaient pour des flux inhabituels d’immigrés, les Tunisiens évoquaient le manque de moyens et procédaient, volontairement, à l’arraisonnement d’un bateau de pêche italien pour faire comprendre aux autorités de Rome que c’est donnant-donnant.

Les Italiens, pour leur part, et afin d’inviter les Tunisiens à faire preuve de moins de laxisme, voire de complicité, avec les harrakas, offraient des vedettes à nos garde-côtes et des voitures à nos policiers.

Le deal s’est répété plusieurs fois du temps de Ben Ali, et il n’est pas exclu que chaque fois que le deal est passé, les autorités tunisiennes devaient faire preuve de «compréhension» et de mutisme vis-à-vis de certaines méthodes typiquement italiennes de lutte contre l’immigration clandestine, dénoncées par les organisations humanitaires, dont l’une – et pas des moindres – consiste à ne pas assister des personnes en danger.

Récemment, et au moment où l’on s’y attendait le moins (Rome ayant visiblement perdu confiance en le sérieux et la maîtrise sécuritaire des autorités tunisiennes depuis la révolution), l’Italie resurgit, comme par magie, et fait don à la Tunisie, comme du temps de Ben Ali, de 7 vedettes et de 212 véhicules tous terrains, en plus l’Italie a réglé la situation de milliers de Tunisiens se trouvant sur son sol, comme l’a annoncé, hier, la ministre de l’Intérieur italienne, Anna Maria Cancellieri à l’issue d’une rencontre avec le chef du gouvernement, Ali Lâarayedh, et le ministre de l’Intérieur, Lotfi Ben Jeddou.

Alors quel deal le gouvernement Laârayedh a passé avec l’Italie, parce qu’il est quand même bizarre que Rome se réveille comme ça et se met à gâter nos forces de sécurité. Il y a fort à parier que la contrepartie que devra fournir La Tunisie en matière de lutte contre la harka sera beaucoup plus conséquente que du temps de Ben Ali.

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