Meriem Ben Mohamed : « Je tuerai mes violeurs si la justice ne fait pas son travail »

Coupable d'avoir été violée (photo - michel-lafon.fr)La jeune fille violée par trois policiers en septembre dernier sort un livre dans lequel elle revient sur toute l’affaire. «Coupable d’avoir été violée», des éditions Michel Lafon, sortira après-demain et est signé par Meriem Ben Mohamed, le pseudonyme qu’elle utilise pour rester anonyme et faire le récit linéaire de cette histoire rocambolesque.

Dans une interview accordée au Journal du dimanche, Meriem Ben Mohamed revient sur le contenu de ce livre-témoignage qui raconte comment elle est violée puis comment sa plainte vire au cauchemar et la conduit devant les juges pour atteinte à la pudeur. Elle raconte l’horreur des deux viols subis, l’enfer de la procédure policière et judiciaire et surtout le regard des autres au point d’être obligée de s’exiler… en France.

Meriem Ben Mohamed avoue qu’elle n’a pas l’intention de dévoiler son identité et son visage pour protéger sa famille ; son père malade et son frère qui ne sont pas au courant. Elle avoue que sa mère l’a beaucoup aidée dans cette épreuve mais qu’elle a aussi tenté de se suicider.

Aujourd’hui, Meriem Ben Mohamed se prépare à s’installer en France, avec son fiancé, où elle va poursuivre ses études en finances. Mais ce qui l’accapare c’est le procès de ses violeurs qui doit débuter le 29 avril. Dans l’interview, elle affirme ne pas faire confiance à la justice tunisienne tout en étant sûre que justice sera faite à l’encontre des violeurs dont deux risquent la peine de mort et le troisième est passible de 20 ans de prison.

Mais Meriem avertit que «si la justice ne fait pas son travail» elle prendra elle-même les choses en main. «Je les tuerai s’il le faut. Ces hommes m’ont tuée. Je prendrai ma revanche si on m’y oblige. Je ne vis plus depuis le jour des viols. Ma vie a été bouleversée du jour au lendemain. Je ne suis plus la même, je suis beaucoup plus agressive, je ne suis plus la fille souriante qui adorait la vie que j’étais. Je risque aussi les représailles des familles des policiers. Ils peuvent me retrouver sans difficulté».

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