Troisième nuit chaude à Bizerte

Bizerte (photo - oxygène FM)

Bizerte vit depuis lundi, au rythme des affrontements entre forces de l’ordre et supporters du Club Athlétique Bizertin, en colère après la Ligue Nationale de Football Professionnel (LNFP) après une décision qu’ils estiment être une injustice à l’encontre de leur club.

Cette décision a, en effet, qualifié l’Espérance et le Club Africain au play-off du championnat de football bien que les trois équipes soient classées à la première place. Mais les règlements, a estimé la LNFP, en ont décidé ainsi. Une décision refusée par les Cabistes, qui sont descendus dans la rue.

Depuis lundi, affrontements et autres scènes de violences se succèdent et la tension ne retombe que tard dans la nuit. Aujourd’hui, Bizerte a de nouveau été assiégée par des groupes de jeunes et jusqu’en début de soirée, la situation était très tendue au centre de Bizerte.

Selon notre correspondant à Bizerte, Faouzi Chakroun, des pneus ont été incendiés et des jeunes ont envahi les avenues Habib Bourguiba et Hassen Nouri ainsi que des rues adjacentes. Des barricades ont été installées. Une situation dont tentent de faire face les forces de l’ordre afin de prévenir d’éventuels scènes de saccages et pillages comme ce fut le cas la première nuit.

Mais il est évident que Bizerte se dirige vers une troisième nuit de terreur après deux nuits déjà bien tendues et au cours desquelles des cocktails Molotov ont même été retrouvés. Entre des habitants de plus en plus effrayés, des forces de l’ordre de plus en plus énervées et des assaillants de plus en plus tenaces, la situation semble se compliquer à Bizerte où l’on ne voit, d’ailleurs, pas l’ombre d’une sortie de crise.

Cette crise a été amplifiée aujourd’hui après les déclarations de Noureddine Bhiri, conseiller du Premier ministre, qui a tenu à préciser que le gouvernement n’avait pas l’intention de s’immiscer dans cette affaire ni d’imposer une solution aux instances sportives. Des instances sportives (FTF et LNFP) bloquées par cette situation imposée par le règlement bien que le CAB a la possibilité de faire appel de la première décision de la LNFP.

Reste que la déclaration de M. Bhiri a, semble-t-il, mis de l’huile sur le feu. Reste à s’interroger également de la gestion de cette crise sachant que le gouverneur de Bizerte était à deux doigts de décréter un couvre-feu le premier jour. Mais qu’au bout de trois jours d’affrontements, la tension est loin d’avoir baissé…

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