Y’a-t-il encore quelqu’un pour défendre le président?

 

LES COPAINS D'ABORD

Ce qui se passe au sein de la troïka, c’est tout simplement du jamais vu dans les annales politiques. En effet, le président de la République, réputé pour être un des piliers de la coalition, actuellement en responsabilité, est sous le feu nourri de quasiment tout le pays et il ne se trouve pas une seule personne parmi ses alliés pour lui venir à la rescousse.

Hormis son dernier carré de fidèles, le président est esseulé comme «pas possible». Il a eu beau cajoler le tout puissant Ghannouchi, en vanter son infinie sagesse et celle de Mustapha Ben Jaafar.

Néanmoins, silence radio de la part de ces derniers ! Les supposés frères d’armes, tenus par un devoir de solidarité, font le mort et se terrent dans un silence assourdissant.

Même ses lieutenants d’hier, les Daimi et Abbou font dans le service minimum, histoire de faire bonne figure et se garder bonne conscience. Le cas Marzouki semble tellement désespéré qu’il ne se trouve qu’un has been de la politique française, le sieur Jack Lang, vraisemblablement avide de retrouver un peu d’aura médiatique pour dire du bien de notre président.

Dans cette affaire, le président Marzouki n’est pas le premier des politiques tunisiens à être monté au créneau pour prendre la défense des islamistes du temps où ces derniers subissaient un traitement des plus inhumains… Mieux encore, post-révolution, il a été le politique le plus offensif pour porter l’idée qu’ils sont solubles dans la démocratie et qu’ils ont définitivement fait leur aggiornamento idéologique.

Hélas pour lui, il ne sera pas le premier à être «cocufié» par ses «faux amis» islamistes. En effet, ici et ailleurs, d’autres politiques en ont fait l’amère expérience. Je pense notamment à Nejib Chebbi sur le plan local, mais aussi au malheureux Mehdi Pazargan, cogérant de la révolution iranienne dont on connait le sort après avoir été éjecté par les mollahs d’Iran.

Sur l’attitude d’Ennahdha, il n’y a rien à dire. En s’abstenant de porter secours à Marzouki, le parti entend, au meilleur des cas, le vassaliser et dans l’hypothèse la plus cauchemardesque pour ce dernier, en faire un fusible prêt à servir à tout moment.

Malheureusement, les choses sont ainsi faites, et ce n’est la que la dure loi de la politique.
Le classique «ennemis d’hier, partenaires d’aujourd’hui et vice versa» ne semble pas poser de sérieux problèmes de conscience aux Nahdhaouis d’où ce constat : le président Marzouki ne peut s’en pendre qu’à lui-même pour n’avoir pas médité cela et pour avoir cru naïvement que les Nahdhaouis allaient lui renvoyer l’ascenseur pour services rendus.

Ainsi, pour le président Marzouki, la célèbre formule «Dieu préservez-moi de mes amis, mes ennemis je m’en charge»… semble n’avoir jamais été aussi vraie dans le cas présent. Enfin, pour ne pas l’enterrer définitivement, une petite lueur d’espoir subsiste pour lui, si bien-sûr, ses nouveaux copains de Qatar, en récompense de sa dernière phrase menaçant quiconque s’en prendrait à ce pays, intercèdent en sa faveur auprès de leur vrais copains d’Ennahdha pour qu’il s’en sorte indemne de cette grosse zone de turbulences ? Attendons donc pour mieux voir.

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