UGTT-Gouvernement – Un nouveau bras de fer se profile à l’horizon…

UGTTSamedi dernier, l’Union Générale des Travailleurs Tunisiens (UGTT) a donné sa propre version des événements qui ont eu lieu devant son siège le 4 décembre et qui ont découlé sur des agressions contre des membres de la Centrale syndicale. Et selon toute vraisemblance, les nuages ne se sont pas estompés entre le gouvernement et l’UGTT. Bien au contraire, ces rapports risquent même de devenir très tendus au cours de la période à venir dans la mesure où le fossé est en train de se creuser de manière irrémédiable, ce qui peut avoir des conséquences négatives sur la stabilité du pays et son avenir.

La grande discorde entre les deux parties part de l’échec de la commission mixte créée à la suite des incidents du 4 décembre dernier. Cette commission, composée de représentants du gouvernement et de l’UGTT, était chargée d’établir toute la vérité sur les véritables coupables de ces agissements.
A l’époque, les deux parties avaient convenu de présenter un rapport sur la question dans un délai d’un mois. Or et après l’écoulement de trois mois, on ne voyait rien venir, ce qui a poussé l’UGTT à donner sa propre version des événements après le refus net des représentants du gouvernement de désigner les fameuses Ligues de Protection de la Révolution et des membres d’Ennahdha d’être derrière ces incidents.

Dans son rapport présenté, samedi, l’UGTT s’est appuyée sur deux rapports d’enquête, élaboré par le ministère de l’Intérieur et les écoutes de témoignages ainsi que des documents audio et vidéo pour montrer la préméditation de cette agression. L’objectif des agresseurs était, selon l’UGTT, de s’introduire dans le siège de la Centrale syndicale, de s’en emparer et de mettre en place un nouveau bureau exécutif. Bref, un véritable coup de force avorté pour mettre au pas l’UGTT…

Il faut rappeler que les relations entre les deux parties étaient déjà tendues après plusieurs attaques subies par certains sièges régionaux de l’UGTT ainsi que l’agression contre le siège central de la rue Mohamed Ali à la suite de la grève des éboueurs.
Cependant, il y eut aussi des moments d’accalmie, ponctués notamment par la conclusion du pacte social entre le gouvernement et l’UGTT. Mais, il ne s’agit que d’un intermède dans la mesure où deux autres grands problèmes risquent de peser dans les relations entre les deux parties.

Outre la revendication de la dissolution des ces Ligues de Protection de la Révolution que le pouvoir et Ennahdha refusent ostensiblement, l’UGTT entend défendre deux autres grands dossiers.
Tout d’abord, l’UGTT conteste fortement cette campagne de recrutement de membres de ces Ligues de Protection de la Révolution, à la fois au sein de l’administration et des entreprises publiques…

Ensuite, l’UGTT est fortement inquiète de la chute vertigineuse du pouvoir d’achat des citoyens, principalement des salariés, en raison de l’inflation galopante qui ne semble pas connaître de répit. Ce qui l’obligera probablement à «bouger» sous la pression de ses adhérents…

L.L. (Tunis Hebdo)

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