Quand Ali Laarayedh instrumentalise l’assassinat de Chokri Belaid !

Ali Laarayedh - Dessin El BerbechDepuis l’assassinat du leader des Patriotes Démocrates, Chokri Belaid, les Islamistes, accusés dès les premières déclarations des proches du martyr, ont systématiquement critiqué la manipulation politique dont il pouvait faire l’objet.

Or, il n’y a pas mieux qu’Ennahdha qui a pu « profiter » de ce crime horrible et l’exploiter pour se refaire une virginité politique alors qu’elle était critiquée de toutes parts en raison de son impuissance à gérer le pays et son entêtement à vouloir continuer dans la même voie conformément à une vision partisane étriquée en n’accordant aucune considération à l’intérêt supérieur du pays, le seul intérêt qui prévalait chez les Islamistes étant eux-mêmes !

Pourtant, c’est Ennahdha qui a instrumentalisé le mieux ce crime politique.

Expliquons-nous.

Tout d’abord, il y eut cette diversion et cette manœuvre politique de haute volée ébauchée par le Premier ministre démissionnaire Hamadi Jebali qui nous a sorti de sa manche, et comme par enchantement, l’idée d’un gouvernement de technocrates qui gérerait les affaires de l’Etat tout en appelant l’ANC à achever au plus vite la rédaction de la constitution et à fixer une feuille de route claire. Cette initiative a désarçonné l’opposition qui est tombée la tête la première dans le piège en soutenant à fond le secrétaire général d’Ennahdha. Certes, l’idée d’un gouvernement restreint et de technocrates est la leur.

Certes, ils ont certainement compté sur une éventuelle division des Islamistes, les rumeurs de la création d’un parti modéré par Jebali ayant été insidieusement lâchées. Mais, elle a perdu de vue que l’on ne quitte pas les rangs islamistes et l’exemple démagogique d’Abdelfattah Mourou est là pour le prouver. Par cette manœuvre, Ennahdha a réussi à donner une stature d’homme d’Etat à Jebali qui pourrait réunir les Tunisiens autour de lui, et qui sera, sans conteste, et à moins d’une surprise son candidat aux futures élections présidentielles. Mais, voilà, n’est pas homme d’Etat qui veut ! L’allégeance faite sur le front de Rached Ghannouchi a tout « gâché » pour le 6ème calife.

Quant à Ali Laaryedh, il a instrumentalisé l’assassinat de Chokri Belaid aujourd’hui par le biais de sa conférence de presse où il nous a présenté les assassins présumés du leader de gauche.
Sur cette question, on pourrait faire les remarques suivantes :

Tout d’abord, le futur Premier ministre a essayé de présenter cette « découverte » comme un succès de son département pour s’approprier cette carrure d’homme d’Etat qu’il recherche ! Bien sûr, il a mis en exergue les mérites de ses « hommes » mais ce qu’il a oublié, c’est qu’une éventuelle annonce de l’arrestation des présumés coupables aurait dû être faite par le juge d’instruction compétent comme on le fait dans les véritables démocraties qui respectent l’indépendance de la justice.

Secundo, cette annonce est quelque peu précipitée dans la mesure où l’assassin présumé n’a pas été encore arrêté. Il nous a promis que cela ne tarderait plus mais une telle annonce n’était-elle pas de nature à mettre en péril l’instruction ? Il fallait, normalement, boucler complètement le dossier avant de convoquer la presse !!!

Tertio, la reconstitution de l’assassinat s’est faite sans la présence du véritable « coupable » et sans l’arme du crime ! Et cela nous semble aussi tout aussi anormal !!!

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Crédit dessin El Berbech

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