Gouvernement technocrate remanié : Hamadi Jebali fait encore une fois faux bond et se dirige vers le compromis

Initiative réunion (photo - facebook) (3)La montagne a accouché d’une souris ! C’est bien ce qui est ressorti de plus de quatre heures de consultations entre le Chef du gouvernement Hamadi Jebali et une représentation de partis politiques, les plus importants. Cette réunion entre le Premier ministre er les leaders des différents partis politiques n’a semble-t-il rien donné de concret puisque l’annonce des résultats de ces consultations a été reportée à lundi, alors qu’il s’était donné pour ultimatum, demain.

Pour la énième fois, Hamadi Jebali avait annoncé la formation imminente d’un nouveau gouvernement, et alors que les Tunisiens s’attendaient enfin à quelque chose de palpable, Hamadi Jebali fait encore une fois faux bond et organise une conférence de presse pour annoncer qu’il a encore besoin de temps, et que promis, la prochaine sera la bonne.

Hamadi Jebali, qui au soir du meurtre de Chokri Belaid avait pris la décision de former un gouvernement de technocrates et avait réuni autour de lui un conseil des sages, semble faire machine arrière et déclare se donner jusqu’à lundi pour livrer le résultat de son initiative.
Mis sous pression par son propre parti et par ses alliés du CPR, accusé de vouloir renverser la légitimité et de servir le pouvoir sur un plateau à l’opposition, le Premier ministre semble s’être plié aux exigences de Montplaisir, ouvertement hostile à son initiative.

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Et selon toute vraisemblance on se dirigerait plutôt vers un gouvernement politique appuyé par des compétences nationales. Hamadi Jebali, qui reste malgré tout «confiant» et «satisfait des résultats encourageants des consultations», affirme avoir noté une amélioration dans les positions des différents parties, et que les négociations se sont déroulées dans un cadre de transparence et de compromis.

Ce revirement du Chef du gouvernement intervient à la veille d’une manifestation à laquelle appelle Ennahdha pour soutenir (ou défendre) la légitimité. Ennahdha chercherait-elle à démontrer que la rue est à ses côtés, après une première tentative infructueuse samedi dernier, en vue de peser dans les négociations avec son secrétaire général ?

Hamadi Jebali, qui avait glané une stature d’homme d’Etat en faisant primer l’intérêt national sur les calculs politiciens, se dirigerait donc vers un compromis, intégrant des personnalités politiques aux côtés des compétences nationales. Hamadi Jebali, revient ainsi dans le giron d’Ennahdha et s’éloigne de toute velléité d’émancipation, lui qui avait clamé avoir pris sa décision en son âme et conscience et qu’il était décidé à poursuivre la voie du gouvernement technocrate, quitte à démissionner en cas de censure de l’ANC.

L’éventuelle démission de Hamadi Jebali, n’est visiblement plus envisageable en cas de compromis, à moins d’un coup de théâtre ou d’un rebondissement de dernière minute.
Il reconnait que le temps qu’a pris ce remaniement est devenu important (trop long même !) mais que l’intérêt de la Tunisie et la sortie de crise le sont plus encore. «Le plus important c’est l’intérêt de la Tunisie et la recherche d’une issue et d’une solution pour le peuple et pour la révolution», a-t-il déclaré.

Les détails des concertations n’ont pas été communiqués, le Chef du gouvernement ayant intimé a toutes les parties prenantes aux négociations de ne faire aucune déclaration, afin de ne pas créer de polémiques inutiles, «l’heure n’est pas aux déclarations et aux contre-déclarations, je sais par expérience qu’il n’y a aucun intérêt» soutient-il.

A noter que Wafa et le Front Populaire n’ont pas participé aux consultations, Hamadi Jebali souligne que leur absence n’est en aucun cas une minimisation de leurs rôles, mais sert plutôt à «conférer plus d’efficacité» aux négociations.

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