Rafik Abdessalem ou la malédiction des «gendres» en politique

De Mohamed Mzali à Wassila Bourguiba en passant par «l’évadé de Carthage», tous les gendres des hommes politiques de premier rang ont très mal fini… ou presque… à l’exception tout à fait troublante de Marwane Mabrouk ou de Slim Zarrouk.

Etre gendre des plus puissants en Tunisie, on a pu le constater à nos dépends, peut ouvrir de belles perspectives de succès en politique comme en affaires (souvent les deux)… mais revers de la médaille (il y en a toujours une) à l’instar «des fils de…», cela expose aussi à une critique souvent assez facile du genre «Oui, il a bien réussi mais ye7rez…) etc.

Sur les mœurs en politique, machiavel, dans son ouvrage de référence «Le Prince» a quasiment tout écrit et décrit. Nul besoin donc de rappeler que la politique est un monde particulièrement violent ou la cruauté n’est pas un vain mot ; coups bas, intrigues de sérail, calomnies, médisances sont des instruments de base pour faire vaciller un adversaire et l’atomiser…

Alors pensez-vous, quand on est jeune, «élégant», hautement «instruit», génie de la géo… stratégie, roi de la formule qui fait «flop»… comme peut l’être notre brillantissime ministre des Affaires externes, les attaques ne peuvent qu’être d’une rare violence… Et en l’espèce elles n’ont pas tardé à venir… Des coups, il faut l’avouer, bien assenés et là ou ça fait particulièrement mal.

Comme on pouvait s’y attendre… un an presque jour pour jour, depuis son intronisation dans un poste régalien et notre ministre a vite fait par se retrouver au centre d’un énorme scandale où les faits qui lui sont reprochés le font dangereusement rapprocher en terme d’image des ex-gendres «terribles» de l’ère Ben Ali.

Le patron du département des Affaires étrangères, pas très diligent ou peut être un peu trop confiant dans sa bonne étoile désormais «super filante», aurait du se méfier un brin et ne pas trop exposer sa situation du gendre qui a trop vite réussi… En effet, cumuler autant de compétences en une seule et même personne auquel on ajoutera bien sûr la modestie de… récupérer ses nuits de «forçat de travail» dans une minable chambre du motel genre «le Sheraton», cela expose dangereusement son homme et surtout se paye cash…

Effectivement, les envieux de tout bord, les pécheurs en eaux troubles, les langues bien médisantes ne se sont pas fait prier pour l’épingler à sa première «sortie de route» et se déverser ainsi en «calomnie» et en «racontars de tous genres».
Tout protégé qu’il puisse être (ou croit l’être), du fait de sa proximité avec le prince, il n’a absolument pas réussi à endiguer la déferlante des «médisants flingueurs» qui à coup de tweet et de statut facebook ont répandu «l’info» de ses «nuits réparatrices» aux frais de la princesse.

Rien n’y fera, ni ses démentis balayant d’un revers de la main ces accusations «bien évidement sans fondements» ni le secours du cheikh (véritable monarque de l’ombre) venu «himself» défendre l’intégrité de son«filleul» n’ont semblé réparer une image bien ternie… «Calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose» avait coutume de dire Georges Clemenceau.

Cette affaire, bien douloureuse pour celui qui en est la victime (l’aspect relatif à sa vie privée posant en effet un réel problème d’éthique) aurait eu le mérite de faire connaître au ministre-gendre le sens exact de l expression «effet boomerang»… Qui, en effet, peut contester le fait que dans cette société gagnée par le puritanisme et doublée d’une insupportable pudibonderie, le sort fait au ministre se présente naturellement comme la conséquence de la non observation du soi-disant «credo» nahdhaoui faisant de la vertu une obligation cardinale ?… En effet, le hic dans le cas présent, c’est que le principe ordonnant que charité bien ordonnée commence par soi-même ne fut pas du tout «respecté» et ce n’est là qu’un doux euphémisme.

En effet, que certains se permettent de glisser des sous-entendus sur ce qui relève des oignons du ministre, ne s’inscrit-il pas dans la normalité du nouvel ordre moral que veut installer sa propre formation politique ? Rappelons-nous les déclarations de ses collègues sur les mœurs dites légères de la femme victime d’un viol collectif, les allusions sur les addictions éthyliques et autres de certains adversaires politiques…

Globalement et pour faire bref, son excellence se trouve donc pile poil dans la situation de l’arroseur arrosé. Pour que pareille grosse «tuile» ne puisse plus concerner un imminent dirigeant nahdhaoui, le parti dit «de la vertu» aurait beaucoup moins perdu s’il avait pu afficher plus de modestie dans sa prétention à incarner à lui seul les hautes valeurs morales (aussi bien dans la vie privée de ses dirigeants ou dans l’administration des affaires publiques).

Enfin, dans l’attente d’une hypothétique remise en cause globale des rapports famille-politique-argent et non le recours à de simples déclarations indignées criant à la calomnie et aux mensonges, nous conseillons vivement son excellence monsieur Rafik Abdessalem de méditer sur le sort des ex-gendres en politique et surtout à réfléchir à l’idée de créer un «collectif des gendres persécutés»… Structure qui pourrait bien lui être utile dans le futur…

En effet, cette initiative nous parait être bien meilleure que celle consistant à confier sa défense à l’avocat Fethi Laâyouni, qui, il faut le constater, semble désormais bien perdu entre sa vocation de défenseur des droits et ses nouvelles fonctions à mi-chemin entre le commissaire du peuple et le procureur de la république.

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