« SheratonGate » : Olfa Riahi n’a pas tout dit !

Invitée de Naoufel Ouertani dans l’émission « Labess » présentée ce samedi soir sur Attounissia TV, la bloggeuse Olfa Riahi qui a déclenché l’affaire des séjours du ministre des Affaires étrangères au Sheraton Hôtel , a révélé d’autres informations non moins sensationnelles, se rapportant à cette affaire et aux investigations qu’elle a entreprises dans ce cadre.

A l’origine de ces investigations, une information circulant dans certains milieux et faisant état d’une affaire de mœurs dans laquelle le ministre des Affaires étrangères serait impliqué. D’après les témoignages venant de sportifs et d’autres personnes qui fréquentent le Sheraton, une chambre de cet hôtel a été réservée au ministre pendant 6 mois, aux frais du ministère des Affaires étrangères.

L’enquête menée par Olfa Riahi auprès des agents de l’hôtel, de fonctionnaires relevant du ministère des Affaires étrangères, de témoins oculaires et de la Société Tunisienne de Banque dont le nom est mentionné en tant que banquier tiré, ont confirmé ces séjours, totalement pris en charge par le ministère en question. La prise en charge s’est étendue aux frais de lavage des vêtements.

La bloggeuse a fait remarquer que ces frais, d’un coût élevé, ne se justifient pas au regard de la réglementation fixant les traitements et avantages accordés aux ministres. Elle estime que leur prise en charge par le ministère constitue une dilapidation de deniers publics.

Pour le démontrer, elle a fait référence à un décret présidentiel daté du 12 février 1992 qui prévoit l’octroi aux ministres d’une indemnité mensuelle de logement de 600 dinars ou la mise à leur disposition d’un logement de fonction. Le décret qui n’est pas publié au journal officiel ne prévoit pas la faculté de séjour dans des hôtels de proximité.

La seule facture payée, en espèces, par le ministre correspond à la nuit passée dans l’hôtel par Mme S.N. habitant la région d’El Mourouj. Olfa Riahi a indiqué avoir enquêté sur la personne suite à quoi, elle a pu obtenir des informations officielles sur son état civil et sa situation professionnelle. Elle en a déduit l’absence de relation professionnelle ou de parenté directe entre le ministre et l’intéressée.

L’investigation sur le compte ouvert à la STB au nom du ministère des Affaires étrangères, sur lequel les chèques représentant les frais de séjour à l’hôtel étaient émis, a permis de relever un transfert dans le compte de la somme de 1 million de dinars provenant du ministère du Commerce chinois.

Olfa Riahi trouve que l’opération n’est pas compatible avec les principes de la finance publique en vertu desquels les fonds destinés à l’Etat tunisien doivent être versés à la Trésorerie Générale qui se charge de leur transfert aux départements bénéficiaires.

S’agissant d’éventuelles poursuites à son encontre pour diffamation, Olfa Riahi précise qu’elle n’a pas révélé l’identité de la femme, mêlée à cette affaire ; en conséquence, l’élément matériel du délit fait défaut. Elle a nié le fait qu’elle a menacé de publier de nouveaux documents et de diffuser d’autres informations en cas d’exercice de ces poursuites.

Par ailleurs, la bloggeuse fait savoir qu’un certain Ahmed Ben Salah a publié sur sa page officielle le fait que le Sheraton abrite une salle réservée aux agents du Mossad dont il l’accuse de faire partie.

L’internaute prétend détenir des documents accablants à l’encontre de la bloggeuse et envisage de les remettre à Maître Fathi Laâyouni. Selon Olfa Riahi, la gravité de ces accusations qui touchent à la sécurité du pays devraient faire l’objet d’une dénonciation aux autorités plutôt que d’en parler sur les réseaux sociaux afin de l’impressionner et la faire taire.

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