La Tunisie a donné trois papes à l’Église chrétienne. Les connaissez-vous ?

Le fait est avéré, incontestable, documenté : la Tunisie a donné trois papes à l’Église chrétienne.

Cela pourrait sembler difficile à croire, mais pourtant ces trois papes d’origine africaine (c’est-à-dire Tunisiens, car notre pays se nommait alors Africa) sont le digne reflet des quatre siècles chrétiens de notre histoire.

Ayant régné du IIe au Ve siècle, ces papes confirment l’importance historique de l’Église de Carthage dans l’histoire du christianisme.

Ils soulignent aussi l’importance tout aussi grande d’Augustin ou Cyprien dont les écrits ont fixé le catholicisme naissant ou encore celle de Perpétue et Félicité qui connurent le martyre à Carthage.

Toujours vivant, le christianisme en Tunisie fête Noël en ce jour et peut-être que le souvenir lointain de ces trois papes ayant régné à Rome sera pour chacune et chacun un prétexte pour la méditation sur le sens de l’histoire et la diversité de notre héritage.

Mais d’abord, qui sont ces pontifes presque oubliés ?

Par ordre chronologique, ces trois papes d’origine tunisienne sont :

  • Victor qui fut le 14e pape et régna de 189 à 199. D’origine africaine, il connut le martyre et fut sanctifié.
  • Miltiade qui fut le 32e pape et régna de 311 à 314. Ce pape africain a eu une grande importance pour trois raisons principales. Il vit la reconnaissance du christianisme par Constantin et l’édit de Milan. Il fut celui qui recouvra les biens confisqués de l’Église et celui qui présida le synode du Latran où fut condamnée l’hérésie donatiste. Miltiade a été lui aussi sanctifié.
  • Gélase qui fut le 49e pape et régna de 492 à 496. Également sanctifié, ce pape est vénéré pour avoir définitivement promulgué le canon des Livres Saints, précisément nommé décret gélasien. Gélase fut aussi celui qui définit l’autorité pontificale dans l’Eglise et face au pouvoir temporel.

Comme on peut le voir, l’œuvre de ces trois papes tunisiens a été cruciale dans l’histoire de l’Église. Ils demeurent d’ailleurs honorés dans le panthéon chrétien.

Rappelons-les donc au souvenir de toutes les communautés tunisiennes d’aujourd’hui. Ils sont partie intégrante de notre histoire et nous renvoient au riche patrimoine paléochrétien qui est visible dans les collections du musée national du Bardo ou sur les sites de Carthage, Sbeitla ou Thuburbo Majus.

Puisse aussi leur souvenir nous pousser à réfléchir sur notre diversité bien réelle et élargir davantage encore notre conscience historique.

Joyeux Noël !

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