Siliana : le Gouvernement prendra-t-il au sérieux les remontrances de Marzouki ?

On ne pouvait s’attendre à plus de la part d’un président qui n’a pas les attributions qu’il faut pour prendre les mesures qu’il faut. Mais les limites à ses pouvoirs ne l’ont pas empêché de critiquer le gouvernement dans sa façon de traiter la crise et de prendre trop de lenteur dans la réalisation des investissements et des projets de développement régional. Il a exprimé son indignation face à l’usage disproportionné de la force contre la population de Siliana et s’est élevé contre le bureaucratisme qui a freiné la réalisation des actions programmées dans les régions de l’intérieur.

Il a recommandé au gouvernement d’être plus efficace dans l’accomplissement de sa tâche. Dans ce même cadre, il a insisté sur la réduction de la taille du gouvernement qui doit regrouper des technocrates, choisis sur la base de la compétence et du savoir-faire et non en vertu de la répartition des portefeuilles entre les partis de la Troïka. Il a indiqué que la même règle doit être observée au niveau de toutes les nominations de responsables dans l’administration.

Le Président de la République a ensuite appelé toutes les parties concernées à assumer leur responsabilité. À côté du gouvernement qui a la délicate mission d’œuvrer dans le sens des attentes et des aspirations, l’Assemblée nationale constituante doit s’activer à élaborer la constitution et à préparer les prochaines élections avant l’été prochain. M. Marzouki estime, en effet, que tout retard par rapport au délai prévu peut rejaillir sur le climat politique et nuire à la construction de la nouvelle république.

S’adressant à la société civile qu’il a remerciée d’avoir su apaiser les tensions dans les moments difficiles, le président de la République les a appelés à doubler d’efforts pour éviter à la Tunisie les dangers de l’anarchie et du chaos. Il s’est également adressé à l’UGTT pour lui demander de jouer un rôle similaire à celui qu’elle a joué avant le 23 octobre, en lançant une initiative qui vise le consensus et la concorde. Il a requis de l’organisation patronale (UTICA) de pousser les hommes d’affaires et les investisseurs à fructifier leurs capitaux dans les régions de l’intérieur.

Un discours qui ne laissera pas de marbre les observateurs et les hommes politiques.

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