Le Billet de Hatem Bourial – Dans le sillage de Leïla, il se voit en Régent de Carthage

La Tunisie a vécu jusqu’à janvier 2011 au rythme des discours de Leïla Trabelsi qui tendait à reléguer son cher époux au rang de première dame.

Multipliant les initiatives, intervenant aux niveaux national, arabe et international, celle qui sera surnommée la Régente de Carthage s’installait au premier plan de la vie politique.

Toutefois, son ascension s’est faite en marge de l’État. Leïla Trabelsi n’avait aucun rôle officiel, mais faisait quotidiennement la une des journaux qui y allaient de leur concert de louanges.

Qui, aujourd’hui, utilise la même méthode ? C’est clairement ce cher Ghannouchi qui, leader d’Ennahdha (faudrait-il écrire guide suprême ?), intervient aux marges de l’État, tout en occupant l’espace médiatique.

Comme Leïla, ses discours transpirent de duplicité et autres manœuvres obscures. Il se verrait bien en Régent de Carthage, n’occupant pas de fonction officielle, mais faisant et défaisant l’actualité politique.

Se rêvant en Guide suprême du Califat islamique d’Ifriqiya, Ghannouchi est dans la lignée des combattant suprême, sauveur suprême et autres pathétique suprême.

Seulement, lui ne se mouille pas avec les structures étatiques provisoires ou traditionnelles. Il préfère allumer feux et contre-feux sans avoir l’air d’y toucher et, bien sûr, en obéissant à ses directeurs deconscience : les démocrates du Golfe et les prédicateurs radicaux qui s’affublent de modération.

Tout comme Leïla Trabelsi, il surfe sur les interstices de l’État. Tout comme elle, il n’assume aucune responsabilité, mais fait entendre bruyamment sa voix.

Et pire qu’elle, il monte des Tunisiens contre d’autres Tunisiens, menace le mode de vie de la communauté nationale et trahit son pays en le jetant dans les bras de l’Internationale obscurantiste.

Décidément, né de sexe féminin, il aurait fait une savoureuse Régente de Carthage et né un peu plus à l’Est, il aurait peut-être fait un bon petit émir riche en pétrodollars.

La réalité est plus prosaïque : celui qui aspire à la Régence de Carthage pourrait plutôt prétendre devenir duc d’Oxford ou vicomte de Liverpool.

Dites-moi, Sir Ghannouchi (vous voyez, j’anticipe votre noblesse), est-il vrai que vous êtes sujet de Sa Majesté britannique ? Est-il vrai que vous seriez de ces Tunisiens qui, militantisme et exil obligent dites-vous, auraient une double loyauté ?

Si cela était avéré, je serais le premier confus, car, tenant par-dessus tout à mon drapeau tunisien, je suis de plus en plus déçu par ces politiques qui, confortablement installés dans une double nationalité, mènent notre pays à la ruine.

A la veille de la commémoration du 15 octobre 1963, symbole de notre souveraineté reconquise, je suis de plus en plus heurté par cette cohorte de (mauvais) politiques qui gouvernent la Tunisie sans être Tunisiens.

Bien sûr, la Oumma n’a pas de frontières et le jihad pas de couleurs. Mais, si cela fait de vous notre guide par défaut, cela ne vous évitera pas d’être confiné dans l’indignité d’un cheikh en blanc qui met ses intérêts, ceux des modérés de son parti et de ses sponsors étrangers au-dessus de ceux de la Tunisie.
May God forgive you, my dear !

Et, j’espère que vous déclarerez solennellement que vous ne possédez pas d’autre passeport que celui de la République tunisienne.

Et, dans la foulée, puissent vos élus et nommés déclarer au peuple tunisien les diverses allégeances qu’ils ont.

Enfin, je sais qu’il s’agit d’un vœu pieux : puissent tous les Tunisiens candidats à une élection abandonner avant d’entrer en campagne leur double voire triple nationalité.

Parole de souchard qui n’a d’autre horizon que la Tunisie éternelle !

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