Avocat, députés et ministère réagissent à la vidéo de Ghannouchi

La diffusion de la vidéo de Rached Ghannouchi révélant au grand jour ses projets insidieux et son intelligence intime avec les salafistes a plongé une bonne partie des Tunisiens dans un profond émoi.

Les propos du leader nahdhaoui ont suscité, aujourd’hui, une multitude de réactions qui convergent toutes vers les sens de la condamnation et la réserve.

À l’ANC, ce matin les constituants de l’opposition ont appelé à la dissolution du parti d’Ennahdha, estimant que les propos du secrétaire général du parti islamiste « menacent la transition démocratique et touchent la civilité de l’État », rapporte Mosaique FM. À cet égard, Noômen Fehri et Mohammed Hamdi du Bloc Démocratique ont souligné tour à tour, sur les ondes de la même radio, que les paroles de R. Ghannouchi prouvent le « double discours du mouvement », lequel mouvement « ne croit pas en la démocratie ».

De son côté, Hatem Farhat, avocat auprès de la Cour d’appel, a déposé une plainte contre Rached Ghannouchi auprès du Procureur de la République du Tribunal de Première Instance de Mahdia. Selon l’avocat, les propos du leader islamiste constituent une menace pour « la transition démocratique », et influent par conséquent sur « la paix et la sécurité sociales ». Maître Hatem Farhat, est-il besoin de préciser, appuie sa plainte sur la base des articles 70 et 72 du Code Pénal.

L’allusion faite par R. Ghannouchi dans sa vidéo à l’armée que les islamistes ne maîtrisent pas encore, n’a pas laissé cette dernière indifférente. Dans un communiqué publié aujourd’hui 11 octobre, et sans évoquer la controverse, le ministère de la défense a tenu à rappeler que « l’armée sera toujours républicaine et apolitique. »

Dans cette même logique de réserve et de neutralité, nous n’avons pas noté de réaction de la part du ministère de l’Intérieur. Silence étonnant pour le moins, car aussi bien l’armée que la police se doivent d’être à l’écart de tout engagement politique, leurs rôles se cantonnant à la défense et à la protection de la République et de l’État.

Moncef Marzouki, le Président de la République n’est pas en reste, puisqu’il aura demain 12 octobre au palais de Carthage des entrevues avec certains responsables politiques de la Troïka et de l’opposition, dont Rached Ghannouchi, Béji Caid Essebsi, Chokri Belaid, ainsi que Hamma Hammami. Si l’on en croit Mosaique FM ; ces rencontres porteront, apprend-on, sur « la situation sociale et politique du pays », mais il ne fait aucun doute que la polémique soulevée par la vidéo de Rached Ghannouchi sera au cœur des discussions.

Commentaires:

Commentez...