L’opposition « interdite » de meetings ?

Les partis de l’opposition trouvent de plus en plus de difficultés à tenir leurs meetings populaires. Selon eux, les ministères de tutelle concernés comme le ministère du Sport et de la jeunesse et celui de l’intérieur font tout pour les empêcher de disposer des grandes salles telles que la coupole d’El Manzah, le stade de Radès ou encore la foire du Kram.

Chokri Belaid, l’un des leaders du « Front populaire » qui a vu le jour récemment, avait dénoncé hier sur les ondes de MosaïquFM le refus des autorités à accorder des espaces comme la coupole d’El Manzah ou la foire du Kram aux adversaires de la troïka au pouvoir.Il a même averti le premier ministre et le ministre de l’Intérieur que les prochaines réunions du Front Populaire se tiendront sur les places publiques et sans demande d’autorisation préalable, faisant allusion aux manifestations pro-gouvernementales « Ekbess », qui, elles, bénéficient du soutien logistique du gouvernement.

Chokri Belaid avait insisté sur le fait que le droit au rassemblement et aux manifestations est un acquis incontestable de la révolution, et que ce droit s’arrache et ne s’offre pas. Questionné sur le sujet, le porte -parole du ministère de la Jeunesse et du sport a indiqué que les demandes auprès de son ministère doivent être déposées 21 jours à l’avance, et que pour les espaces sportifs, la priorité est aux compétitions sportives nationales. Sur le plateau de Nessma, Maître Laaouini a ironisé en disant que pour Wajdi Ghonim, il était sûr qu’aucune demande n’avait été déposée.

Nous apprenons aujourd’hui encore que le meeting prévu de Nidaa Touness, le parti Al joumhouri et le front Almassar a été reporté.Ce meeting devrait annoncer la formation d’une alliance électorale entre ces trois familles politiques. Le lieu est l’un des « obstacles » rencontrés pour la tenue du meeting, initialement prévu pour le 13 de ce mois.
Mr Noomen Fehri, membre du parti Al Joumhouri,avait auparavant exprimé son exaspération face à ce qu’il avait appelé  » le retour des vielles méthodes » .

La troïka au pouvoir, et Ennahdha en particulier, essaierait donc par des moyens détournés de confiner ses adversaires politiques dans des espaces exigus et de se réserver les grandes salles susceptibles d’amasser la grande foule à elle et à elle seule.Cette façon de faire antidémocratique ne fera, selon les membres et les adhérents des partis de l’opposition, que renforcer leur détermination.

Cette attitude est en elle-même un aveu de « peur ». Pour Eannadha qui a le monopole des mosquées, des espaces publics, qui dispose d’une armada de « soldats virtuels « , et qu’on soupçonne même de recourir à une milice pour saboter les réunions des partis de l’opposition, et notamment ceux de Nidaa Tounes, n’aurait donc plus confiance en son potentiel électoral ni en son quota de sympathie auprès du peuple? Sur les plateaux de télévision, les ondes des radios et les colonnes des journaux,les ministres nahdhaouis continuent pourtant à afficher une « sérénité » qui frôle souvent l’arrogance quant à l’issue des élections à venir.

La vérité est toute autre, et c’est le Cheikh Rached Ghannouchi en personne qui l’a exprimée quand il a déclaré que le parti Nidaa Touness était plus dangereux pour la Tunisie,comprenez pour son parti, puisque la Tunisie, c’est Ennahdha, que les salafistes violents.

Il est regrettable de voir des pratiques d’exclusion pareilles refaire surface, il est regrettable de voir les partis au pouvoir pratiquer cette forme de censure à l’encontre de leurs adversaires politiques, il est d’autant plus regrettable que tout cela ne fera qu’envenimer la scène politique, qu’attiser les tensions et la haine, et ne contribuera certainement pas à mettre en place une réelle transition démocratique.

Commentaires:

Commentez...