Le nouveau gouverneur de Sidi Bouzid est un ex-Rcdiste : Jebali jette la balle à Laarayedh

On croyait s’être définitivement débarrassé des histoires de Gouverneur de Sidi bouzid. Mais voilà que la désignation du nouveau Gouverneur, directeur régional de développement à Sidi Bouzid sous Ben Ali, fait de nouveau polémique. Interrogé à ce sujet sur Mosaique FM, Hamadi Jebali a indiqué qu’il n’est pas de son ressort, mais de celui du Ministre de l’Intérieur de vérifier le passé du gouverneur nominé. En d’autres termes, la question ne le concerne pas et devrait être posée directement au Ministre intéressé.

Le premier Ministre n’a donc ni démenti ni confirmé le passé RCD du nouveau Gouverneur de Sidi Bouzid et maintient que la responsabilité du choix des gouverneurs incombe au ministre de l’Intérieur et que de ce fait, son intervention en tant que chef du gouvernement s’est limitée à consacrer le choix de son ministre à travers un décret officiel.

Sa déclaration signifie aussi qu’il n’avait pas connaissance du passé RCD du nouveau gouverneur et qu’il a agi sur proposition de son Ministre de l’intérieur.

D’un autre côté, le premier Ministre a précisé que ce qui compte dans le choix des responsables réside dans la compétence, la probité et l’efficacité. En avançant cet argument, le premier Ministre donne ainsi l’impression de justifier la nomination du nouveau Gouverneur.

Seulement quels que soient l’explication et les justificatifs, la désignation d’un ancien membre du RCD à la tête du gouvernorat de Sidi Bouzid est inexcusable de la part d’un gouvernement qui veut rompre avec le passé et de responsables politiques qui appellent à l’exclusion de tous ceux qui ont assumé des responsabilités au sein du RCD à partir du 7 novembre 1987. Le premier Ministre aurait dû demander des explications et des détails plutôt que cautionner la désignation d’un ancien RCD au nom de la compétence et du savoir-faire.

Ainsi, quand bien même il y aurait eu erreur de casting, le gouvernement et à sa tête le premier Ministre, ont encore le temps pour se rétracter, surtout face à la contestation des habitants du gouvernorat. En effet, la question, aussi bien pour le gouvernement et le Parti qu’il représente, est de principe ; elle ne peut pas se ramener à une répartition des tâches et des responsabilités. Le tout, à moins que dans leur démarche, l’exclusion ne se justifie que si elle menace leur position sur l’échiquier national.

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