Policiers violeurs : Moncef Marzouki reconnaît la faute de l’État

Suite au viol de la fille par des policiers, le Président Moncef Marzoukia présenté, au nom de l’État, des excuses à la victime et son fiancé, reçus hier au palais de Carthage en présence de Sihem Ben Sedrine. Le communiqué de la présidence, publié à cet effet, a mis l’accent sur la gravité de l’acte, l’indignation du président de la République et sa détermination à lutter contre ce genre de crime. Mais il ne fait pas état d’actions concrètes et sérieuses pour soulager la victime  et l’aider à se débarrasser des profondes séquelles de l’agression physique et morale dont elle a été l’objet.

Le Président n’a pas exprimé son point de vue concernant les déclarations du porte –parole du ministère de l’Intérieur qui a accusé la victime d’atteinte aux moeurs comme pour justifier cette agression. Ainsi, la victime qui était allée porter plainte contre ses agresseurs s’est retrouvée, elle et son fiancé, sur le banc des accusés pour répondre du délit qui lui est reproché. Une autre façon de signifier au citoyen ce qui peut lui arriver si jamais il ose se plaindre de la police.

Suite à l’insistance de la victime de poursuivre ses agresseurs, le Parquet, qui n’a pas cru bon de classer l’affaire relative à l’atteinte aux moeurs, a transmis le dossier au tribunal sur la base d’un témoignage venant des policiers agresseurs. Dans des circonstances normales, leur témoignage est nul et ne peut avoir aucune valeur juridique. Face à la réaction de la société civile, le ministre de la Justice a déclaré que la comparution de la victime devant le juge d’instruction a pour objet de l’auditionner dans l’affaire du viol dont elle s’est plainte alors que ses avocats et tous ceux qui étaient là le jour de la comparution savaient qu’il s’agissait d’une mise en examen et non d’une audition.

La fin de l’histoire pourrait être un recours à la justice internationale ainsi que l’a annoncé au Journal Echourouk, Maître Saida GUERRACHE, ex-secrétaire général de l’association des femmes démocrates.

Toutes ces péripéties auraient dû susciter des prises de position fermes et des décisions de la part du Président de la République ainsi que l’auraient espéré la victime et le fiancé pour qui la rencontre avec le représentant de l’État est un dernier recours pour rectifier le tir. Seulement, notre président s’est contenté de présenter les excuses de l’État comme s’il s’agissait d’un conflit international.
En tout état de cause, présenter les excuses de l’État équivaut à une reconnaissance d’une faute commise par l’État, car on ne peut pas s’excuser si on ne se sent pas fautif. En effet, si l’État ne peut pas assumer les conséquences de l’acte odieux commis par ces policiers, il est entièrement responsable des déclarations émanant de ses représentants et portes –parole qui ont traité la victime comme étant la cause principale de l’agression qu’elle a subie.

Or, la faute, quelle que soit la personne qui l’aurait commise, mérite réparation et nécessite des mesures préventives pour qu’elle ne se reproduise plus et ne débouche pas seulement sur des excuses.

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