Rached Ghannouchi : Nidaa Tounès, une création médiatique plus dangereuse que les Salafistes !

Il semble que « Nidaa Tounès » donne des sueurs froides à Ennahdha. L’acharnement du parti islamiste de vouloir éliminer « Nidaa Tounès » de la scène politique prend différentes formes soit à travers ses tentatives de vouloir saborder toutes les réunions publiques des dirigeants de « Nidaa Tounès », soit en tentant de préparer l’opinion publique à son exclusion de la vie politique, « mesure » seulement partagée par le Congrès Pour la République. Le projet de loi préconisant l’exclusion des « Rcdistes » vient, d’ailleurs, d’être présenté à l’Assemblée Nationale Constituante.

L’intervention du chef du parti d’Ennahdha, Rached Ghannouchi, aujourd’hui sur les ondes de Shems FM, témoigne de cet acharnement et démontre cette implacable hostilité.

En effet, et évoquant le phénomène « Nidaa Tounès », Rached Ghannouchi lui dénie d’abord toute « légitimité » en le qualifiant d’une simple reproduction du RCD. Il estime que le peuple a fait sa révolution contre le RCD qui voudrait aujourd’hui revenir au pouvoir autrement et sous une autre forme. Il poursuit en considérant que « Nidaa Tounès » n’est qu’un mélange inconsistant, pas encore structuré et n’ayant aucun programme. Il va même plus loin en soulignant qu’il n’est qu’une pure invention véhiculée par des organes d’information corrompus.
Ensuite, Rached Ghannouchi ajoute que « Nidaa Tounès » est plus dangereux que le courant salafiste dans la mesure où le phénomène salafiste peut être plus facilement combattu que « Nidaa Tounès » parce qu’il est en dehors de l’Etat alors que ce dernier est bien ancré dans les structures de l’Etat et dans l’administration d’où la difficulté de le combattre.
Enfin, et sur un éventuel face-à-face télévisé entre lui-même et Béji Caid Essebsi, Rached Ghannouchi a indiqué que notre pays n’est pas encore prêt à ce genre de « duels » d’autant plus qu’il n’est pas candidat à aucune fonction.

Ces allégations de Rached Ghannouchi appellent deux remarques :

En premier lieu et en ce qui concerne l’exclusion des anciens « rcdistes », il nous semble qu’elle peut être critiquée à partir du moment où elle établit une sanction punitive contre des citoyens tunisiens qui n’ont, peut être, été coupables d’aucun dépassement ou abus sous l’ancien régime. A ce propos, il faut souligner que priver un citoyen de ses droits civils et politiques ne peut émaner que de la part de la justice, et une autre procédure ne peut être analysée que comme une forme d’exclure un courant ou des personnes de la compétition électorale.

En second lieu, et en considérant « Nidaa Tounès » comme plus dangereux que les Salafistes, Rached Ghannouchi estime donc que l’exercice de la violence et ses manifestations dans la vie quotidienne par les Salafistes n’est pas à la limite périlleux pour la stabilité ou pour la sécurité du pays. Alors que « Nidaa Tounès » n’a jamais usé de la violence alors qu’il en a été, pourtant et à certains moments, victime.

Il n’empêche qu’une contradiction transparait dans les déclarations de Rached Ghannouchi lorsqu’il a nié qu’il n’était pas contre la réunion avec « Nidaa Tounès » en certaines occasions.

Espérons quand même que l’intérêt supérieur du pays l’emporte sur les prétentions partisanes étriquées qui semblent prendre le pas sur toute autre considération…

Commentaires:

Commentez...