Jeune fille violée par des policiers: de victime à accusée !

L’affaire de la jeune fille violée par trois agents de l’ordre public a connu, hier, un nouveau rebondissement.

La victime, violée physiquement une première fois par les policiers et moralement une seconde fois par Mr Tarrouche, porte-parole du ministère de l’Intérieur lorsqu’il a déclaré dans une conférence de presse que la jeune fille était dans « une situation immorale », se voit aujourd’hui obligée de comparaître sur le banc des accusés.

Accusée pour quel crime, pour quel délit ?

En effet, l’université féministe Ihsène Marzouki a publié hier un rapport pour dénoncer la tournure que prend l’affaire de la jeune fille violée. Convoquée pour confrontation avec ses violeurs, la victime se retrouve accusée de « outrage public à la pudeur ».

Encore une dérive de la justice tunisienne, encore une incursion de l’ordre moral dans les faits de société, encore une femme qui porte seule la responsabilité qui aurait du être endossée par ses violeurs, encore une femme qu’on bafoue, qu’on traîne dans la boue pour sauver les « soldats violeurs ».

Une grande indignation accompagne ce nouveau rebondissement dans cette affaire. La ligue tunisienne pour la défense des droits de l’homme, l’association tunisienne des femmes démocrates, le conseil national pour les libertés et plusieurs autres composantes de la société civile ont exprimé leur inquiétude et dénoncé la tournure que prend le procès.

Cette indignation a aussi gagné la toile, des utilisateurs des réseaux sociaux et notamment de Twitter se sont exprimés:

Pour certains, Mr Tarrouche est le premier responsable de cette déviation dans l’affaire, ses insinuations et déclarations, fortement contestées, ont résonné jusque dans l’hémycile de l’assemblée constituante:Mme Karima Souid, députée FTLD avait interpellé le ministre de l’Intérieur avec des mots assez durs lors de la séance plénière consacrée aux évènements de l’ambassade des états unis.

Mr Tarrouche, quant à lui, avait fait la sourde oreille sur le plateau de Nessma Tv, invité par Elyes El Gharbi pour parler de l’affaire, il avait répondu que pour lui le sujet était clos, comprenez mission accomplie: le cours de l’affaire a été totalement détourné par de telles déclarations.

Au-delà de l’affaire de cette jeune fille, blessée dans sa chair et dans son âme, sur laquelle on a jeté l’opprobre d’un nouvel « ordre moral public » imposé par les islamistes au pouvoir, c’est toute la justice tunisienne qui est mise à mal. Cette justice que les citoyens tunisiens veulent indépendante tarde beaucoup à naître, ou ne naîtra jamais.Combien de victimes tomberont-elles en attendant ?

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