Accélération du processus transitoire par la Troïka : volonté réelle ou nouvelle manœuvre !?

La date du 23 octobre est, quoiqu’en disent les gouvernants, un seuil qui les gêne quelque part dans la mesure où ils ne ratent pas une occasion pour réaffirmer leur légitimité même en cas dépassement de ce délai.

Les alliés de la Troïka, on le sait, ne partagent pas, conformément à leurs intérêts, les opinions de l’ensemble des forces de l’opposition ainsi qu’une très bonne partie de la société civile sur la fin de la légitimité à cette date du 23 octobre. L’interview accordée par le premier ministre, Hamadi Jebali, à El Jazeera ou l’intervention du président de l’Assemblée Nationale Constituante, Mustapha Ben Jaafar, aujourd’hui lors du Forum Économique Mondial à Sfax leur ont permis de rejeter les prétentions de ceux qui mettraient en doute cette légitimité se rejoignant dans le développement de la thèse selon laquelle l’ANC est libre de déterminer sa destinée dans la mesure où elle est chargée de la rédaction de la constitution.

Mais et en même temps, ils soulignent qu’ils veulent accélérer le mouvement et aller le plus vite possible pour la rédaction de cette constitution et la mise en place des structures et des mécanismes nécessaires à l’organisation des prochaines élections. L’objectif recherché consiste leur volonté de rassurer l’opinion publique tunisienne, mais aussi les partenaires étrangers sur leurs intentions. En tous les cas, c’est le résultat auquel sont parvenus les alliés de la Troïka après une réunion au sommet entre ses trois têtes, le Président de la République, le Président de l’ANC et le premier Ministre tenue samedi dernier.

Le trio en question a prévu qu’une correspondance sera envoyée à l’ANC pour l’inviter à déterminer une feuille de route dans un délai de trois semaines comportant l’accélération de la mise en place de la structure chargée des élections et de mettre en exécution le décret-loi 116 relatif à l’organisation du secteur de l’information. Par ailleurs, ce trio s’est aussi mis d’accord pour coordonner leurs avis sur les futures nominations et de créer à cet effet une commission consultative composée de membres appartenant à la Troïka présidée par Hamadi Jebali.

Exprimer aujourd’hui cette volonté de passer à un rythme plus soutenu et de prévoir une feuille de route va-t-il suffire pour calmer les esprits et rassurer des citoyens inquiets de l’imminence du 23 octobre ?

Si on peut espérer que cela puisse rassurer tant soit peu, on ne peut quand même pas se poser cette question ? Pourquoi s’est-on rendu compte de la délicatesse de la situation à seulement un mois de cette échéance. N’aurait-on pas pu le faire bien plus tôt !!!

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