L’autorisation du niqab mettrait la rentrée universitaire sous haute tension

En présence de plusieurs directeurs des universités, Moncef Ben Salem, le ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique a déclaré hier que le port du niqab pour les étudiantes ne serait pas interdit. Cette décision inattendue risque de perturber la rentrée universitaire fixée au 12 septembre. Le pire est à craindre lorsqu’on sait par ailleurs que le procès du doyen de la faculté des lettres, des arts et des humanités de Manouba (FLAHM), accusé d’avoir agressé une étudiante pendant l’exercice de ses fonctions, aura lieu le 25 octobre prochain.

A cet égard il faut rappeler que la revendication du port du niqab a été, l’année dernière, à l’origine de graves incidents, dont la FLAHM a été le théâtre. Les cours furent à plusieurs reprises suspendus en raison du sit-in d’un groupuscule de salafistes venus soutenir une petite minorité d’étudiantes enniqabées. On n’oubliera pas de noter que grâce à la bravoure du doyen et à la solidarité du corps enseignant et du personnel de l’institution universitaire, l’année blanche a été évitée de justesse. Les épreuves de janvier et de mai ont pu se dérouler dans des conditions plus ou moins sereines.

Un syndicaliste de l’université de Manouba qu’on a pu contacter aujourd’hui n’a pas caché sa surprise quant à la décision du ministre, une décision qui pourrait engendrer une tension sachant que le conseil scientifique de la faculté des lettres de Manouba avait décidé de façon souveraine d’interdire le port du niqab seulement pendant les cours et lors des examens.

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