One ‘Milliard’ Dollars, Baby !

Peu, c’est trop peu d’informations pour une somme si importante (quasiment 1,4 milliard de dinars) qui a mobilisé un « club » de trois bailleurs de fonds de trois continents et d’horizons différents (BM, BAD,UE) et qui va s’additionner à un taux d’endettement de plus en plus dangereux (54% du Pib avec déjà 24Milliards de dollars selon le FMI) compte tenu d’une reprise économique qui ne vient pas vraiment, et qui à première vue, est loin de pouvoir faire « effet de levier » avec des taux de croissance de type 2,7% (dernière version FMI) voire même 3,5% (version Troïka).

Beaucoup de questions nous interpellent. À quel prix recevrons-nous ledit milliard de dollars et à quelles autres conditions devons-nous nous asservir encore pour rencontrer la faveur des bailleurs de fonds qui, aujourd’hui en position de force, peuvent agiter l’épouvantail d’une des plus catastrophiques notations avec laquelle nous a cinglé le sympathique binôme Standard&Moody’s.

Un nouveau Programme d’Ajustement Structurel?
S’agit-il de prêts « stand-by » comme pour 87. En clair: « je ne te donne mes dollars que si tu me montres ce que tu as fait avec ce que tu as déjà reçu ». Assurément ! Rappelez-vous en 1986 lorsque nos réserves de devises étaient à zéro et que la faillite était imminente. La Banque mondiale n’avait-elle pas conditionné ses prêts par un programme d’ajustement structurel, ce fameux PAS? Est-ce un PAS « bis » qu’ils sont en train de négocier là, l’équipe de la Troika?
Lorsque Béji est allé au G8, il a discuté surtout d’aides. Et pourtant, Ennahdha avait crié au bradage du pays.
Au lieu de nous livrer des chiffres peu crédibles de la soi-disant reprise, Riadh Bettaieb aurait mieux fait de nous édifier sur l’état des lieux de notre endettement pour que nous tentions de comprendre vers quel récif nous mène l’incompétence alors que nous assistons à un afflux supplémentaire intolérable, de dettes et autres fonds dont on ne sait même pas où ils sont dépensés à part dans les salaires des 83 ministres et conseillers et autres binationaux de l’ANC de la Troïka. Cet argent va-t-il servir encore aux indemnisations des anciens prisonniers, maintenant qu’ils ont peut-être compris que la société civile refuse de payer un rond pour eux?

Droit dedans ?
Comme a noté H.Dimassi : »le gouvernement, poussant dans le sens d’une orientation politique électoraliste, a généré un grave et brusque accroissement des dépenses de l’État en comparaison avec ses ressources ». « Les dérapages se sont multipliés visant essentiellement à séduire les classes sociales en prévision des prochaines élections, à telle enseigne que les dépenses de soutien ont atteint des niveaux hallucinants ».
En tout cas, et sur le plan monétaire, l’accroissement des besoins des banques en liquidités a amené la Banque Centrale à intensifier son intervention sur le marché monétaire et ainsi baisser le taux d’intérêt à 3.64% durant le mois de juin contre 3.74% en mai. La BC ne précise cependant pas si les établissements de crédit continuent ou non de souffrir de l’accumulation des effets (crédits) non remboursés. Phénomène qui pourrait à la fois expliquer que les crédits « partent » en consommation (notamment de biens d’importations (comme les voitures de luxe par exemple) plutôt qu’en investissements productifs et alors que l’évolution des prix a explosé de nouveau avec l’avènement du mois de carême .

La fin justifie les moyens !
Le gouvernement dit islamiste irait-il jusqu’à plonger le pays dans le Riba, pour indirectement « financer » sa campagne électorale?
Tout semble le confirmer, car les prêts de quelque nature et d’où qu’ils proviennent, sont assortis d’intérêts qu’il faudra allonger, rubis sur ongle, Chariaä ou pas, les élections d’abord et coûtera ce qu’il en coûtera !

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