Hamadi Jebali : une deuxième « révolution » à Sidi Bouzid et le remaniement possible !

Le premier ministre, M.Hamadi Jebali, est revenu sur les incidents qui ont touché Sidi Bouzid avec des promesses et des commentaires d’où la menace, larvée, point absente.

Évoquant sur ton railleur, presque en « riant », le premier ministre a déclaré sur les ondes de Radio Mosaïque qu’il « y aura une seconde révolution à Sidi Bouzid mais qu’elle sera celle du développement et du confort » dans une région connue pour son extrême pauvreté de ses habitants. Une promesse, pas la première du genre en vérité, puisque le gouvernement n’a pas eu de cesse depuis son installation de répéter qu’il allait amener prospérité, richesse et égalité des chances à tous les Tunisiens où qu’ils soient.

Or et jusque-là, on n’a rien vu venir, les citoyens souffrant le martyr partout où ils sont et surtout dans ces régions délaissées depuis des décennies. On se rappelle que quelques mois auparavant, le gouverneur de Sidi Bouzid annonçait en grandes pompes le coup d’envoi de grands projets pour la région et l’allocation d’un budget de développement de cette région. Mais, que peut-on constater depuis sinon l’absence quasi-totale de toute initiative qui pourrait alléger les souffrances de ces citoyens, le gouvernement ayant même échoué dans le versement à temps des indemnités pour les employés des chantiers qui avaient provoqué à l’époque les dépassements que l’on connait.

Le premier ministre a aussi fait des commentaires dans lesquelles il a dénoncé les appels à la « libération » lancés par certains partis, qui sans les citer nommément, visent essentiellement ceux qui ont été pointés d’un doigt accusateur depuis hier par le ministre de l’Intérieur, M. Ali Laarayedh. Il a souligné que ces appels sont dangereux dans la mesure où ils sont lancés contre une majorité légitime, qui demeurera toujours fidèle, selon ses dires, à la révolution.

Mais, le commentaire le plus significatif et le plus sévère a été lancé à l’encontre de l’UGTT critiquant l’utilisation de ses locaux pour lancer de tels appels hostiles au gouvernement. Il a demandé clairement que la direction de la Centrale Syndicale clarifie aujourd’hui sa position sur cette question ou ouvre ses locaux à tous les partis politiques.

Il est visible qu’au-delà des partis dont il a insinué la responsabilité dans ces incidents, le premier visé par M. Hamadi Jebali est l’UGTT considéré par le pouvoir en place comme un concurrent sérieux, une structure qui échappe totalement à son contrôle. C’est pour cela que les dissensions entre le gouvernement et l’UGTT risquent de prendre, chaque jour, une dimension encore plus importante d’autant plus que la centrale syndicale ne partage pas les points de vues d’Ennahdha et le gouvernement sur tous les sujets cruciaux qui touchent à la société et à l’économie tunisiennes.

Enfin, le chef du gouvernement a affirmé que la question du remaniement ministériel est à l’étude et que personne n’est à l’abri. Si l’intérêt national exige ce remaniement, il aura lieu.

La question qui se pose actuellement : est-ce que ce remaniement touchera les deux postes laissés par les deux ministres démissionnaires, Mohamed Abbou et Hassine Dimassi, ou bien sera-t-il plus large et concernerait d’autres départements ?

A priori, cela dépendra dans une très large mesure d’abord des accords conclus entre les membres de la Troïka, mais aussi du rapport de force au sein du parti majoritaire.

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