Face aux caméras, Hamadi Jebali affiche une entière satisfaction…

L’interview livrée samedi matin par le premier ministre, Hammadi Jebali, et diffusée hier à 21 heures sur El Watania, Nesma TV et Hannibal (cliquez ici pour voir la vidéo), n’ a rien révélé de particulier à part la confirmation de ses positions antérieures, l’infirmation des rumeurs et quelques confidences sur des questions brûlantes.

Pour la énième fois, le premier ministre confirme la date des prochaines élections qui selon lui, devraient avoir lieu le 20 mars 2013. À propos de cette date, le chef du gouvernement a indiqué que ce n’est pas lui qui l’a fixée. Elle a été annoncée par le Président d e l’Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jaâfar qui a prévu la finalisation de la constitution pour le mois d’octobre. D’après le chef du gouvernement, six mois seront largement suffisants pour préparer les élections. Néanmoins, il n’a pas exclu le report de cette échéance en cas de persistance du différend sur la nature du régime politique à instaurer et de recours à un référendum pour trancher. Le sérieux et la sincérité des élections, étant tributaires de l’intervention d’une instance souveraine qui doit assurer le déroulement de l’opération en toute transparence, le premier ministre a indiqué que le projet présenté par le gouvernement tient compte d’une proposition émanant de l’UGTT, la ligue des droits de l’homme et le conseil de l’ordre des avocats. Ce projet qui repose sur des candidatures ouvertes, et des critères précis pour assurer l’impartialité et la neutralité des membres de l’instance, a été contesté par l’opposition et certaines associations et organisations non gouvernementales au motif que ces derniers vont être imposés par la majorité au pouvoir. D’après Hamadi Jebali, le recours à l’assemblée constituante pour la désignation des membres de l’instance chargée des élections est la seule solution envisageable.

En réponse aux critiques faites au mouvement d’Ennahdha et ses alliés dans la Troïka selon lesquelles ces derniers chercheraient à dominer la scène politique pour accroître leur chance lors des prochaines élections, le premier ministre a indiqué que toutes les décisions prises par le gouvernement et par l’assemblée constituante sont justifiées par l’intérêt de la Tunisie et non celui des partis politiques qui gouvernent le pays. Il a ajouté que les gouverneurs et les responsables nommés dans l’administration centrale et régionale et à la tête des entreprises ont été choisis sur la base de leur compétence et de leur savoir-faire et non en vertu de leur appartenance politique et leur allégeance à telle ou telle personne. Ils peuvent à tout moment être écartés s’ils ne donnent pas satisfaction ou s’ils ne parviennent pas à réaliser les objectifs qui leur sont assignés.

Abordant la situation syndicale explosive dans le gouvernorat de Sfax, le chef du gouvernement a accusé un groupe composé de syndicalistes et d’autres personnes de vouloir mettre la main sur l’hôpital universitaire et d’en évincer le directeur pourtant nommé avant la formation de l’actuel gouvernement. La situation qui a duré plus de 3 mois a rendu nécessaires la saisie de la justice et l’usage de la force publique pour exécuter la décision rendue dans ce cadre. Le premier ministre a ajouté que ce groupe agit sous les ordres d’une personne qu’il n’a pas citée.

S’agissant de la démission de Houcine Dimassi, le premier ministre a fait remarquer que la révocation de Mustapha Kamel Nabli n’a rien à voir avec les mobiles de cette décision. Il a précisé que les dossiers qui sont à l’origine de la mésentente entre l’ancien ministre des Finances et le gouvernement concernent l’augmentation des salaires prévue dans la fonction publique que l’ancien ministre a trouvé exorbitante, le maintien des prix du carburant, les dépenses énormes occasionnées par l’emploi des ouvriers de chantier et l’indemnisation des prisonniers politiques. À part ce dernier dossier qui puise son fondement dans la législation internationale et dans un décret-loi pris sous le gouvernement de Ghannouchi et confirmé par celui de Caied Essebsi, le premier ministre donne raison à Houcine Dimassi. Mais il pense que la phase que traverse le pays actuellement nécessite des mesures exceptionnelles même au détriment des principes de la finance publique. Il a ajouté que le maximum que le gouvernement puisse faire pour limiter les dégâts est de faire face aux dérapages, aux abus et à la corruption qui coûtent très cher à la collectivité publique. Il a cité, dans ce cadre, les malversations constatées au niveau du règlement de la paie des ouvriers de chantier qui sont le fait de miliciens ( de l’ex RCD).

Le chef du gouvernement a rétorqué, en réponse à une question sur le remaniement ministériel annoncé en marge du 9ème congrès du mouvement Ennahdha, que tous les bruits qui circulent ne sont que des bobards et qu’aucune décision n’a été prise à ce jour. Il a démenti l’information selon laquelle il serait remplacé par Ali Laareydh.

Concernant enfin le rapport du FMI, il a indiqué que les médias auraient dû s’intéresser aux points positifs énoncés dans ce rapport, lequel approuve la politique budgétaire en vigueur, découlant des dispositions de la loi des finances complémentaire, mais déplore des insuffisances au niveau de la mise en application des projets de relance et des investissements publics et recommande suffisamment d’adéquation entre la politique financière et la politique monétaire. Au sujet de ce rapport, nous avons appris que le représentant du FMI pour la région MENA devrait rencontrer le chef du gouvernement le lundi 12 août.

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