Marzouki démet Nabli, on n’est pas ‘Tartour’ pour rien !

Selon un communiqué rendu public ce matin, le Président de la République, Moncef Marzouki, vient d’émettre une « décision présidentielle » mettant fin aux fonctions de M. Mustapha Kamel Nabli, le gouverneur de la Banque centrale tunisienne. Le communiqué a été publié sur la page Facebook de la présidence tunisienne. Cette décision, prise à la suite d’une consultation avec le chef du gouvernement, sera soumise aux députés de l’Assemblée nationale constituante (ANC) afin de l’adopter dans un délai qui ne doit pas dépasser 15 jours.

La volonté de Marzouki de démettre M. Nabli de ses fonctions à la tête de la BCT ne date pas d’aujourd’hui. Le 7 juin dernier, il avait déjà répété, au cours de l’émission « Saraha Raha », que M. Nabli va effectivement être écarté. Marzouki avait justifié sa décision par le fait que l’actuel gouverneur s’oppose à la politique tracée par le gouvernement, au lieu de la mettre en œuvre.

D’ailleurs, depuis fin mai, avant le « show » de Marzouki dans « Saraha Raha », la Troïka a été unanime pour écarter M. Nabli de la tête de la BCT. Le député Moncef Cheikhrouhou était même pressenti pour prendre la relève. Mais, entre-temps et paradoxalement, Mustapha Kamel Nabli a reçu la distinction de meilleur gouverneur des banques centrales du continent africain de l’année 2012, au cours d’une cérémonie tenue en marge des assemblées annuelles du Groupe de la Banque Africaine de Développement (BAD).

Le plus surprenant dans l’annonce de ce matin est qu’elle intervient plus de 48 heures après l’affaire Baghdadi Mahmoudi qui fut extradé en Libye sans que Marouzki ne soit mis au courant, ou même consulté. Marzouki qui n’avait pas raté une occasion pour déclarer, devant les médias, que l’ex-premier ministre ne serait extradé que lorsque la Libye se doterait d’un gouvernement élu démocratiquement, s’en est trouvé dans une drôle de position. Sa crédibilité avait pris un sacré coup et les critiques, notamment sur les réseaux sociaux, se sont abattues sur sa personne en l’appelant « Tartour » et lui sommant notamment de présenter sa démission pour préserver son honneur et sa dignité. Même les médias étrangers, dont l’AFP, ont repris le terme « Tartour » (en arabe: personnage insignifiant, de décor).

En ce sens, cette décision de démettre Mustpaha Kamel Nabli de ses fonctions paraît comme un cadeau de Jebali à Marzouki pour prouver au peuple tunisien que le président de la République n’est pas un « Tartour » !

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