«La grève multisectorielle ne correspond pas à un agenda politique et, hier, l’UGTT n’a pas reçu de menaces», Samir Cheffi

La journée d’aujourd’hui a été très mouvementée du côté de la place de Mohamed Ali avec l’affluence des grévistes des trois secteurs en arrêt de travail, venus pour apporter leur soutien à leur mouvement collectif et s’enquérir des prochaines étapes. Les responsables de la centrale sont sollicités de partout. Les bases qui se soucient du sort de leur mouvement, les autorités qui cherchent un compromis et les journalistes qui étaient là pour recueillir des déclarations et couvrir l’événement.

Hier, l’UGTT n’a pas reçu de menaces des salafistes
Répondant à une question posée par Webdo et concernant la menace salafiste qui a fait, hier, le tour des réseaux sociaux et des médias. Le secrétaire général adjoint du Syndicat de l’UGTT, Samir Cheffi, a rappelé qu’il s’agit d’une fausse alerte. L’UGTT n’a reçu aucune menace directe et il serait hasardeux et déroutant d’accuser telle ou telle partie sur la base de simples bobards, précise-t-il.

Revenant sur les incidents qui ont accompagné la dernière grève des agents municipaux, il a indiqué que rien ne prouve que les attaques contre les locaux de l’UGTT ont été le fait du mouvement Ennahdha d’autant plus que le leader de ce mouvement Rached Ghannouchi, a dénoncé ces actes et leurs auteurs. Mais d’un autre côté, des militants du mouvement, s’exprimant sur le Facebook, revendiquent ces attaques et menacent d’aller plus loin. D’après le secrétaire général adjoint du Syndicat, cette duplicité de langage par rapport à un mouvement structuré et à des militants disciplinés ne peut que susciter des inquiétudes quant aux orientations et aux intentions.

Samir Cheffi, à l’instar de tout Tunisien, condamne la montée de la violence sans désigner ouvertement les parties impliquées. Il recommande une concertation à l’échelle nationale entre les composantes de la société civile et les acteurs sur la scène politique, sans exclusion ni exclusive, pour se fixer sur les moyens de faire face à ce danger.

D’après notre interlocuteur, cette concertation doit favoriser le dialogue et l’échange y compris avec ceux qui sont accusés d’être derrière cette montée de violence, en l’occurrence les salafistes jihadistes et les islamistes radicaux. Elle doit aboutir à un consensus sur les actions à mettre en œuvre dans le cadre du respect des droits de l’homme et des libertés individuelles et dans le but de protéger la société et les citoyens contre tout ce qui peut menacer leur sécurité.

La grève dans l’enseignement, justices et les finances est une coïncidence
Par ailleurs, au sujet de la décision de grève programmée en même temps pour le secteur de l’enseignement primaire, de la justice et des finances, Samir Cheffi a déclaré qu’il s’agit d’ une pure coïncidence et ne correspond à aucun agenda politique. Les préavis de grève dans ces secteurs ont été lancés suite à l’échec des négociations, évoquant dans ce cadre la non-ratification par le gouvernement d’une proposition émanant du ministre de l’Éducation nationale et acceptée par la partie syndicale bien qu’elle ne cadre pas totalement avec les revendications des professionnels, précise-t-il.

Samir Cheffi a ajouté que l’approbation de ces mouvements de grève par la centrale syndicale se justifie par la légitimité des demandes exprimées et que les pourparlers se poursuivent encore. Il a appelé les autorités à plus de sérieux et de sens de responsabilité pour satisfaire aux revendications légitimes et justifiées des travailleurs et des fonctionnaires et épargner ainsi à la Tunisie les tensions qui peuvent nuire à la marche du pays.

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