Opinion – Quand l’omerta s’installe

« Si tu es neutre en situation d’injustice, alors tu as choisi le côté de l’oppresseur « , Desmond Tutu

Le 14 février 2011, le sujet était déjà sur le tapis. La rue tunisienne avait commencé à découvrir les violences de groupes salafistes, qui n’étaient pas nombreux à l’époque. Ils avaient commencé à sévir, en toute impunité, en attaquant les maisons closes de la rue Abdallah Gueche, à Tunis. Rares étaient les personnes qui avaient dénoncé à l’époque cette agression, parce qu’il s’agissait, justement de maisons closes et de petites mœurs.
Certains y avaient pourtant vu une réelle menace pour les libertés individuelles et avaient tiré la sonnette d’alarme, d’autres ont crié à la manipulation médiatique et à l’alarmisme sans fondement.

D’ailleurs, en février 2011, un billet d’un blog intitulé « Bordel de merde !« , a suscité polémique et incompréhension des internautes.

Depuis, les agressions et la violence des salafistes n’ont cessé de croître et de prendre de l’ampleur, avec, toujours pour cible les libertés individuelles, les manifestations artistiques et toutes les voix qui s’opposent à la politique tâtonneuse et aux atermoiements du gouvernement. Les exemples ne sont que nombreux, les villes de Sidi Bouzid, du Kef et de Jendouba en ont fait les frais. En effet, pas plus tard que cette semaine, des maisons closes (à Ghardimaou-Jendouba) ont été attaquées, des bars saccagés et des hôtels incendiés, des artistes tabassés.

Aujourd’hui, les Tunisiens sont encore divisés sur le sujet, mais les faits sont bien réels et parfois très graves, et à moins d’une profonde prise de conscience de la société civile et d’une réaction ferme de la part du gouvernement, le pays s’approche lentement mais sûrement du gouffre !

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