À la demande d’un Imam, des salafistes saccagent le local du Pcot à Kabaria ?

La dernière conquête des salafistes dans le cadre de leur programme contre la société civile et la démocratie a consisté à prendre d’assaut le local du parti communiste des ouvriers de Tunisie (Pcot) qui vient d’ouvrir ses portes dans la cité EL KABARIA à Tunis. Selon un responsable du Parti qui s’est exprimé aujourd’hui sur les ondes de la radio nationale, une cinquantaine de barbus se sont présentés, hier (29 avril 2012), sur les lieux pour ordonner aux militants qui étaient dans le local de le fermer, d’enlever la pancarte du Parti qui était accrochée à sa devanture avant de déguerpir. Ils les ont menacés d’utiliser la force en cas de refus de leur part. Les militants sont allés se plaindre au poste de police et solliciter son intervention. Mais à leur retour sur les lieux, ils ont trouvé le local dans un état lamentable. La porte d’entrée était défoncée, les équipements détruits et les documents déchirés. D’après ce responsable, des informations non vérifiées indiquent que l’Imam d’une mosquée de la cité aurait déclaré que la présence du Pcot dans la cité est un danger pour les habitants et surtout pour les jeunes qui peuvent être influencés par le discours athée et permissif de ce Parti de la gauche.

Encore une fois, au moment où on doit axer sur les vrais problèmes qui sont à l’origine de la révolution du 14 janvier et d’œuvrer dans le sens de réaliser ses objectifs qui sont l’emploi, la dignité et la démocratie, l’actualité nationale nous livre un spectacle désolant.

Des islamistes radicaux qui usent de violence physique et verbale, au vu et au su de tout le monde, contre ceux qu’ils qualifient de mécréants, d’impies et de libertins. Ils agissent en toute liberté sans être inquiétés puisqu’aucune enquête à leur sujet n’a été concluante.

Les autorités enregistrent les plaintes, ne réagissent que sur ordre de la justice et n’interviennent qu’en cas de médiatisation ou lorsque l’affaire prend une tournure politique.

Les responsables politiques appelés à se prononcer sur des incidents similaires se prévalent des mêmes arguments. Ils condamnent la violence d’où qu’elle vient, sans citer les parties qui sont derrière. Ils affirment que personne n’est au dessus de la loi, mais aucun agresseur n’a payé le prix de son forfait.

Pour expliquer l’attitude des agresseurs, ils évoquent la répression subie par les islamistes du temps de Ben Ali comme s’ils étaient les seuls à en avoir été victimes et comme si la répression donne droit à la violence politique. Beaucoup d’autres militants de la gauche et du centre ont enduré le martyre sous la dictature, notamment pour avoir défendu le droit des islamistes à s’exprimer et à exercer des activités politiques, et pourtant ils sont restés fidèles à leurs principes.

Et pour leur trouver une excuse (aux agresseurs), ils disent qu’ils sont jeunes et enthousiasmés par les idées qu’ils défendent. Ainsi, tout jeune, fervent défenseur de ses idéaux et principes pourra en toute légitimité, user de la violence pour faire taire ses adversaires.

Mais ils oublient que la situation pourra s’envenimer davantage lorsque d’autres parties n’ayant plus le choix recourront aux mêmes procédés et utiliseront les mêmes moyens. Dans ce cas, la confrontation devenant inévitable sera un prélude à une guerre civile entre citoyens ; ce qui n’arrange que ceux qui ont intérêt à imposer une nouvelle dictature

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