Le président de la commission des confiscations entre en guerre contre la corruption !

Dans sa déclaration d’hier, Nagib HANANE, nouveau président de la commission des confiscations, a annoncé que l’objectif ultime des activités de cette commission est le démantèlement des réseaux de corruption. A cet effet, il préconise la révision du dispositif légal qui régit la commission, et ce, en lui déléguant suffisamment de pouvoirs, afin de lui permettre de procéder à des investigations et de traiter en précontentieux, les différends qui peuvent surgir.

Cette déclaration suscite deux remarques. La première est que la lutte contre la corruption n’est pas du ressort de la commission des confiscations dont la mission consiste à mettre sous séquestres les affaires des clans de Ben Ali & Co. Elle relève plutôt des attributions de l’Instance supérieure de lutte contre la corruption et les malversations qui est officiellement chargée d’enquêter sur les cas suspects.

Quant à la seconde remarque, Nagib HANANE, en insistant sur le démantèlement des réseaux de corruption, a mis le doigt sur la plaie. En effet, depuis sa création, l’Instance supérieure de lutte contre la corruption fait du surplace ou presque, à part quelques actions pour calmer les esprits. C’est du moins, ce que pensent la majeure partie des observateurs et la plupart des partis politiques et des membres de la société civile.

Le doute a commencé à s’installer au cours des premières réunions plénières de l’Instance, où l’on a évoqué la conciliation et le repenti au lieu d’axer sur l’investigation et les délimitations des responsabilités. Suite à ces réunions, Maître Ezzeddine Mhadhebi, universitaire, un des premiers membres désignés pour faire partie de la commission a préféré démissionner par acquit de conscience et par respect aux Tunisiens.

Contacté pour nous livrer son opinion sur la prestation de l’Instance et les perspectives escomptées, il a été catégorique. Selon notre interlocuteur, les travaux de la commission, dénués de fondement et de rationalité, ne mènent nulle part sauf à permettre aux corrompus de continuer à tirer profit des deniers mal acquis. La commission, ayant eu la possibilité d’avoir accès à des informations secrètes et d’une grande gravité en puisant dans les archives du Palais de Carthage, aurait pu traiter ces dossiers sur des hommes d’affaires, des hauts fonctionnaires et des professionnels qui leur servaient de paravent et leur facilitaient les choses. Elle aurait pu définir un cadre général de travail, privilégiant l’investigation et la traçabilité, pour présenter à la Justice des dossiers bien ficelés, plutôt que de tâtonner, naviguer à vue et statuer à la tête du client.

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